Traduction de l’interview de Conchita pour le magazine Austrian Airlines

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Photo (C) Lukas Ligner

TRADUCTION FRANCAISE (par Jocelyne Peltier) de l’interview de Conchita pour Austrian Airlines Magazine, janvier 2017 ( Rainer Himmelfreundpointner)

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Conchita, sans doute la plus célèbre drag-queen au monde, explique autour d’un tartare de veau et d’eau minérale comment elle cherche deux choses dans la vie: ce moment où tous les yeux se posent sur elle et le meilleur burger au monde.

Il y a de fortes chances que vous soyez au courant que Conchita a gagné l’Eurovision en 2014, avec sa chanson « Rise Like A Phoenix ». Vous ne serez probablement pas surpris d’apprendre que la plus célèbre drag-queen-avec-une-barbe a depuis été choisie comme muse par les créateurs de mode Karl Lagerfeld et Jean Paul Gaultier. Et si vous êtes un(e) fan convaincu(e), vous avez probablement son premier album, « Conchita », qui a passé 13 semaines au sommet des hit-parades en Autriche, qui traine quelque part.

Mais, saviez-vous que le personnage fictif, maintenant agé de 29 ans, se consacre aussi à trouver le meilleur burger au monde? « Il doit fondre dans la bouche », murmure Conchita, en roulant des yeux d’extase. « Il doit être juteux et offrir ce petit quelque chose. » Son préféré jusqu’ici a été à l’Hotel Meridien de Vienne. Un burger qu’elle a essayé à un stand de nourriture à Tokyo, où elle est allée en 2015, était  » presque diaboliquement délicieux ». Et à Londres, où actuellement elle enregistre des chansons pour son prochain album avec des musiciens plus habitués à travailler avec des chanteuses comme Kylie Minogue et Rihanna, elle trouve toujours le temps pour un ‘Dirty Burger’ à la Vauxhall Tavern.

« J’adooore manger, » s’extasie Conchita, pendant le déjeuner avec Skylines, sur les toits de Vienne, dans le loft du luxueux hotel Sofitel, à côté du Donaukanal. Curieusement, cependant, elle ne fait guère que picorer une minuscule partie de son tartare de veau, avant de prendre une gorgée tout aussi minuscule d’ eau minérale, faisant semblant de ne pas entendre le commentaire de son assistante qu’elle mange « beaucoup trop peu ». L’assistante a raison. Regardez de plus près l’artiste mince, presque maigre et vous remarquez rapidement qu’il n’y a pas beaucoup plus que la peau sur les os sous le pull noir moulant et l’élégant pantalon gris qui s’harmonise avec le thème coloré de la décoration de l’hôtel. L’histoire du burger, aussi, est plus une métaphore – de son parcours vers le centre de la scène, son désir de connaître le frisson de la chance, de rechercher le meilleur moment de la vie. C’est sans doute quelque chose que nous faisons tous, à notre façon. Mais peu d’entre nous le font comme Conchita.

Son parcours spécial a commencé à émerger pendant l’enfance. Un Noël, elle a joué l’un des cinq arbres de Noël dans une pièce sur la Nativité. Quatre d’entre eux étaient devenus grands, avec des aiguilles vertes luxuriantes. L’un était petit et laid et avait besoin qu’on le ´fasse beau’ avec beaucoup d’ornements « J’étais l’avorton de la portée de sapins de Noël, » rit Conchita, aussi connu comme Tom Neuwirth à l’époque. Le petit Tom avait décidé de transformer l’auberge de ses parents à Bad Mitterndorf, en Styria, en scène . Il chantait des chansons des films de Disney ou faisait des numéros de danse entre les tables des clients. Une fois – cherchant toujours ce « moment Marlène Dietrich » spécial, quand tous les yeux sont magiquement tournés vers vous – il a même joué le rôle d’un tétard.

Avant longtemps, surtout grâce au soutien de son père doué en musique, il est devenu évident que ce n’était pas un simple engouement et que le garçon savait chanter. Sa mère, sévère, qui ne voulait surtout pas de pleurnicheries, l’a guidé au travers des nombreux revers qui auraient poussé de plus faibles à abandonner. Après avoir fini l’école obligatoire, Tom les a quittés et est entré en pension dans une école de stylisme à Graz. Deux ans plus tard, alors un étudiant exemplaire, ses parents on même avancé les 350€ dont il avait besoin comme acompte pour un studio, comme récompense pour toutes ces bonnes notes. Encore âgé seulement de 16 ans à ce moment-là, le garçon était déjà très autonome. Il a immédiatement relevé le défi, déchirant ses livres de classe pour participer au casting de Starmania à l’ORF. Bien qu’arrivé second, il décrit encore ça comme un « échec ». Il a essayé de donner vie à un groupe « Boyband jetzt anders », bien que la survie de ce projet, aussi, ait été de courte durée. En 2011, il passe ses examens de fin d’études, tardivement, à Graz et retourne à Vienne, gagnant sa vie en travaillant dans une boutique le jour et visitant les scènes mythiques de la culture gay la nuit.

Et c’est alors que Tom s’est finalement transformé en Conchita, avec La Barbe. Sa scène principale, au début était l’Arena Bar dans le 5ème district où ses apparitions et ses chansons en ont rapidement fait la star clandestine des spectacles burlesques. Un fois, elle a oublié de se raser pour une raison quelconque et est apparue avec une barbe de trois jours. Cela est resté. Avant longtemps, elle a laissé pousser complètement sa barbe et plus les drag-queens murmuraient et jasaient sur le mélange inhabituel , plus elle a insisté à souligner ce que sa biographie officielle appelle ‘une déclaration forçant une discussion sur les termes ´différent’ et ´normal' ». Le barbe n’est en fait survenue que grâce à un mélange de coïncidence et de paresse, » dit Conchita avec sincérité. « Maintenant, cela me permet de dire plus que ce dont j’étais consciente quand j’ai commencé. »

Le déjeuner avec Skylines touche à sa fin avec le mot qui rendue célèbre Conchita et fait d’elle une icône pour beaucoup de gens LGBT – « unstoppable ». Son message sur les droits à l’égalité a été retransmis dans le monde entier après sa victoire à l’Eurovision.
Mais était-ce juste un cri spontané, un moment d’exaltation dû au plaisir? C’est ce que Carmen, une touriste finlandaise, assise quelques tables plus loin, veut savoir. Carmen vient vers Conchita, s’extasie sur sa popularité chez elle, demande un autographe et écoute ce qui est dit sur le lien entre le « unstoppable » de Conchita et son modèle, la superstar britannique Adele.
L’histoire se déroule comme ça: le soir avant la finale de l’Eurovision, des rumeurs commencent à circuler qu’elle est la gagnante favorite. Elle est frappée par ue idée terrifiante: « Que devrais-je dire si je gagne? » En s’endormant cette nuit-là, elle pense à une histoire sur sa collègue, « The Unstoppable Adele » et la puissance de ces mots lui reste à l’esprit le lendemain, tout au long du parcours qui la mène au triomphe de la soirée. Cela ne l’a toujours pas quittée, en fait. Pendant ces deux dernières années, Conchita a accompli un programme rigoureux d’apparitions qui l’ont conduite à travers le monde, à Hong Kong et Sydney, y compris une tournée live à guichets fermés avec son nouveau groupe. Maintenant, cependant, elle se concentre, toujours aussi ‘unstoppable’, sur son procahin grand test. « Le bénéfice de l’Eurovision s’est complètement éssouflé », dit Conchita, en se glissant dans une courte veste en cuir noir et en disant au revoir. « Maintenant vient le vrai test – mon nouvel album » Six des douze titres sont prêts il sort au printemps 2017, au plus tard à l’automne. Le titre?Conchita ne veut rien dire. « Unstoppable », peut-être. Qui sait?

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