Traduction de ‘interview de Conchita Wurst pour le magazine GAIA Women

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TRADUCTION FRANCAISE(par Jocelyne Peltier) de l’article du magazine GAIA Women n°5

EN CONVERSATION AVEC…

Elle est fabuleuse et a du style. Elle est sensible et a l’esprit vif. Elle a aussi une barbe. Conchita Wurst, à la fois divise et fascine les gens avec sa merveilleuse voix et son image intrépide. L’une des artistes les plus célèbres au monde et une figure phare pour beaucoup, nous a parlé à Glasgow de son nouvel album, de l’écriture de son livre et de sa victoire à l’Eurovision.

Journaliste: Vous avez grandi en regardant l’Eurovision. Pouvez-vous décrire le moment où Rise Like A Phoenix a été déclaré vainqueur ?

Conchita : C’était irréel. Tout le monde sautait partout et j’ai hurlé à mon manager : ‘Est-ce que j’ai gagné ?’ Et il a dit oui et moi, j’étais :’Oh mon dieu !’ Je ne pouvais pas y croire. Je revis ce moment en regardant les vidéos sur Y Tube. C’est comme ça que j’ai reconstruit ce moment.

J : Vous faites partie de l’industrie musicale depuis de nombreuses années et vous avez brièvement été dans un groupe de garçons. Comment avez-vous ressenti le fait d’être catapultée sous le feu des projecteurs après l’Eurovision ?

C : Je ne peux toujours pas y croire. J’ai passé la plus grande partie de ma carrière sans avoir de succès ou être célèbre ; c’est une situation complètement nouvelle et pas quelque chose que je peux assimiler en une année, donc je continue à voir comme une récompense quand les gens viennent juste parce que mon nom est sur l’affiche. C’est complètement fou, mais je l’apprécie vraiment.

J : Vous venez de sortir votre premier album, intitulé simplement ‘Conchita’. Comment avez-vous choisi les chansons qui sont sur cet album ?

C : En fait, je reçois des chansons du monde entier et pour moi, une chanson n’a qu’une seule chance. J’ai besoin de l’écouter et j’ai besoin qu’elle me touche. Heureusement pour moi, j’ai reçu plus de chansons qu’il ne m’en fallait pour remplir l’album, donc j’ai eu le privilège de décider lesquelles allaient parfaitement convenir. J’ai vraiment pris part à tout le processus musical, mais je n’ai écrit aucune de ces chansons moi-même. C’est un disque formidable, j’en suis fière.

J : Avez-vous trouvé certaines de ces chansons particulièrement stimulantes ?

C : Bien sûr ! Il y a une chanson sur le disque qui s’appelle The Other Side Of Me (L’Autre Côté De Moi), elles est écrite ou inspirée par le moment où j’ai gagné. Le nom de l’auteur est Eric, il est suédois et il m’a envoyé la chanson avec un message qu’il avait été très inspiré par toute cette énergie qu’il a ressentie, et toute la situation. Les paroles sont très émouvantes pour moi et musicalement c’est un défi pour moi car j’ai du mal à ne pas chanter fort, c’est un défi de chanter doucement.

J : D’habitude, vous vous tenez seule sur scène, en artiste solo, mais dans une des chansons, Put That Fire Out, vous avez un arrangement choral. Comment avez-vous ressenti ça ?

C : Simplement merveilleux. C’est une chanson si puissante, je crois qu’il y avait vingt personnes à la chanter et cela donne l’envolée parfaite pour cette chanson. J’ai vraiment un éventail très large de musiques sur ce disque parce que je suis intéressée par tellement de choses. Je veux aussi accomplir quelque chose en me présentant à l’industrie musicale.

J : Vous efforcez-vous à repousser les limites et à vous mettre en question dans votre musique ?

C : Absolument. Je crois que j’ai un certain don et un certain talent, mais je ne suis pas Mariah Carey, donc je travaille très dur et je suis dure avec moi-même parce que je suis ma pire critique. Je veux qu’on se souvienne de Conchita et que les gens disent ‘Oh, c’était une chanteuse fantastique’. C’est ce que je veux accomplir pour moi-même.

J : Voulez-vous développer votre propre talent à écrire des chansons ?

C : Oui, je travaille déjà sur le deuxième album. En tant qu’artiste, je dois au moins essayer. Pour moi-même, je me dois de dire que j’ai écrit une chanson, qu’elle soit bonne ou pas. J’ai environ six chansons et je sens que le processus créatif commence vraiment.

J : Quels espoirs avez-vous pour cet album ?

C : Comme c’est mon premier album, tout est complètement nouveau pour moi et je pense à un concert ‘live’. Comment puis-je mettre ce disque en scène ? Le choix des salles. Je voudrais jouer dans de petites salles avec un orchestre. Voici les buts que je veux atteindre avec cet album.

J : Vous avez dit que vous n’aimez pas vraiment l’étiquette d’icône ou d’exemple à suivre, mais vous êtes dans une position où les gens se réfèrent à vous ?

C : Non, je n’aime pas ça. C’est flatteur mais c’est difficile à comprendre parce qu’en fin de compte, je suis moi, seulement moi et je ne suis pas parfaite, et je dis des choses stupides ; mais c’est touchant, et je dois l’accepter, je crois. Je fais seulement ce que je crois être juste. Donc, si je ne remplis pas les attentes des gens, je suis désolée mais ce n’est pas de ma faute. Je n’ai jamais dit que je changerai le monde. Tout ce que je dis est juste mon opinion. Je parlerai toujours en faveur de ce que je crois juste. Mais c’est vraiment incroyable quand les gens disent que je les inspire. C’est un immense honneur, mais je suis seulement moi.

J : Votre livre, « Moi, Conchita » est sorti maintenant. Comment avez-vous ressenti le fait de raconter certaines parties personnelles de votre vie ? Vous êtes encore jeune et pourtant vous avez eu beaucoup d’expériences dans votre vie…

C : Je suis très jeune et je ne voulais pas le faire au début. J’ai dit que j’ai seulement 26 ans, mais l’éditeur m’a forcée à y penser, je l’ai fait et j’en suis très fière car le livre est maintenant paru en six langues. J’ai ressenti tout le processus de création de ce livre presque comme un cadeau. On a la chance de voir sa vie d’une seule traite. On n’a pas souvent l’occasion de penser à ce qui s’est passé quand vous aviez 13 ans, on oublie souvent ce genre de choses. Pendant le processus créatif du livre, j’ai appelé mes amis et ma famille et leur ai demandé de quoi ils se souvenaient. Certaines parties étaient plus intenses que d’autres. Quant à mes années d’adolescence, c’était vraiment la phase la plus émotionnelle de l’écriture du livre. Etre adolescent n’est drôle pour personne ; si vous avez une sexualité différente, si vous louchez ou avez les cheveux roux, cela peut être une période très dure. J’ai éprouvé le besoin de raconter l’histoire de cette période spécifique parce que beaucoup d’enfants peuvent être dans la même situation à l’heure actuelle, et si mon histoire les inspire ou s’ils pensent ‘Oh, elle a fait comme ça’, alors je voudrais qu’ils reçoivent le message que ‘vous devez trouver votre propre vérité’. Vous devez trouver votre zone de confort et comment y arriver.

J : Vous avez trouvé les années d’adolescence difficiles ?

C : Mes années d’adolescence ont été dures, avec la société qui me disait que quelque chose n’allait pas chez moi parce que j’étais gay et portais des jupes. Nous passons notre vie adulte à nous débarrasser du sentiment d’insécurité de notre adolescence. On m’a traitée de tant de noms blessants comme adolescenet, tout ça à cause de mes sentiments pour les hommes – je pensais que quelque chose n’allait pas chez moi.

J : Est-ce que le livre est le plus grand défi de votre carrière jusqu’ici ? De revivre tout ce que vous avez subi ?

C : J’ai revécu le fait de se faire traiter de certains noms, se sentir physiquement malade à l’idée d’aller en classe tous les matins, mais je ne suis pas une victime. J’ai juste eu une période difficile. J’ai toujours été entourée d’amour et d’amis. En y repensant maintenant, oui, c’était une lutte, mais n’ai-je pas de la chance ? Je n’ai jamais vraiment éprouvé de douleur. Je n’ai jamais été dans une situation où j’ai pensé « qu’est-ce que je vais faire maintenant ? ‘ Donc, j’ai de la chance, si je peux dire, que ça ait été l’épreuve la plus dure que j’ai traversée jusqu’à présent.

J : Est-ce que le regard du public a parfois été trop pesant ?

C : Je peux dire franchement que non. J’ai toujours voulu que ma vie soit comme ça et je m’y suis préparée, dont je suis très reconnaissante.

J : Qu’est-ce qui vous attend ?

C : Je vais prendre plaisir à l’album. Je suis amenée à parcourir le monde en faisant ce que je fais. Je suis si heureuse d’être autant occupée et de faire ce que j’aime.

J : Et est-ce que la barbe fera toujours partie de votre personnage ?

C : Eh bien, on ne peut jamais dire jamais, mais je pense que Conchita est seulement une dame barbue !

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