Traduction de « Inas Nacht » sur la chaîne allemande ARD (oct 2015)

TRADUCTION FRANCAISE (par Jocelyne Peltier) de l’émission « Inas Nacht » sur la chaîne allemande ARD le 31 10 2015.

Ina : Maintenant, nous avons notre invitée suivante. Est-ce que nous nous asseyons là ?

Guido : Oui, bien sûr.

I : Je voudrais bien prendre une gorgée…

G : Oui, moi aussi…

I : Ca me plairait beaucoup que notre prochaine invitée entre et mette mon corsage, non….Oh, ça va lui aller, c’est sûr !

G : On en mettra sûrement deux comme elle dedans.

I : Quoi ?!

G : Elle est très mince cette Conchita! Elle est si menue…

I : Si menue !!!

I : Nous avons besoin des deux micros, merci. On commence la musique ?

*Ils chantent : Conchita, ton chic et ton charme plaisent. Conchita, tu es simplement la plus belle au monde. Merveilleuse fille portant une petite barbe sur son visage, ne nous fait pas attendre. Oh non, non, non, non, non*

(1 :08)

I : S’il vous plaît, bienvenue Conchita !!!!! You, hou !

G : Oui, ça peut se passer comme ça, d’accord ? ( Echange de salutations entre Ina, Conchita et Guido)

G : Et puis à moitié transparent, il fallait que vous fassiez ça, non ?

C : Une très belle soirée à tous !

G : Bonsoir !

C : Bonsoir !

I : Ca peut se passer comme ça ! Il dit….

G Si nous trois, oui, ça marche !

I : Est-ce que c’est transparent ici ? (Ina veut dire la chemise de Conchita)

C : Oui ! Mais je mets mes cheveux devant !

C : Je crois que c’est pour ça que ça va !

G : Vous pouvez le faire, absolument !

I : Ohhhh ! (Ina regarde les chaussures de Conchita)

G : Regardez !

I : Nous devons vérifier, maintenant – elles sont encore beaucoup plus hautes (les chaussures) !

G : Oh, c’est très joli, non ?

I : Sont-elles de la même hauteur ?

G : Comme des sœurs, un petit peu !

I : Oh, Parfait. Regardez, c’est une femme, non ?

C : En fait, en fait, nous avons…. Je pense que nous…

I : Vielle femme, jeune femme.

C : On a un peu l’air d’un groupe de chanteuses…

G : Comme une fille qui a sa mère avec elle. Mais ça se ressemble, la taille est presque le même !

(02 :05)

I : Oui, mais autrefois, je l’aurais mise dans mon pantalon aussi ( comme la porte Conchita). Mais maintenant je le fais dans le dos ou sur le devant…

C : Mais vous avez l’air fabuleux !

I : Oui, vraiment bien… (elle ne le croit pas vraiment)

*Tout le monde rit*

I : Je dirais, Guido…

G : J’y vais, oui, exactement…

I : Vous retournez là-bas.

G : Le groupe de chanteuse vient avec nous, ok ?

I : Peut-être, que je vais me mettre au milieu, et vous Conchita – dites-moi, je dois vous demander quelque chose…

G : Dois-je passer d’abord ?

I : J’ai dû penser à ce que nous allons faire… et vous venez par ici avec moi, Conchita…

C : Bien.

I : Dites- moi, le « Wurst » a disparu, que s’est-il passé ? L’utilisez-vous encore ?

C : Oui, on l’utilise encore…

I : Oh, je ne savais pas, je ne veux pas être agressive…

C : Non, non, non mais j’ai pensé que ce serait mieux de me réduire au basique. Et j’avais créé Conchita un peu plus amusante d’une certaine façon et puis j’ai découvert que je ne suis pas aussi drôle que je le croyais. Et donc, j’ai juste pensé… c’est pourquoi….. On est tous plutôt amusants dans le meilleur des cas… !

I : Hummmmm

C : Et, euh, nous sommes aussi sérieux en même temps et je voulais exprimer un peu ça… Parce que nous, dans les pays de langue allemande, utilisons le terme « wurst » pour dire « je m’en moque ! »

(3 :13)

I : Cela veut dire « je m’en moque », c’est vrai. Mais avez-vous pensé à la nouvelle mode « d’enlever la barbe » et juste garder une moustache ? Pouvez-vous imaginer ça ?

C : Non !

I : Et porter une moustache à la John Holmes ( Acteur porno portant une grosse moustache hirsute,)

C : Oui, j’ai essayé ça, je l’ai fait – à un stade intermédiaire !

I : De quoi ça avait l’air ?

C : Eh bien, pas formidable !

I : Vraiment ?

C : Non, pas joli !

I : Je ne peux pas l’imaginer !

C : Si, mais je suis toujours large d’esprit pour quelque chose comme ça, très large d’esprit… mais pour moi Conchita est…

I : Qui a quelque chose…. !

C : …. La femme avec une barbe complète. Oui, j’ai essayé, ce n’est pas… ces picotements.

I : Ok ! Pourriez-vous imaginer faire de la publicité pour des rasoirs ? Ou quelque chose comme ça, ou de la crème à raser ?

C : On me l’a proposé !

I : Oh, vraiment ?

C : Oui !

I : Je suis incroyablement originale, non ?

*Tout le monde rit*

C : Oui, on me l’a proposé !

I : Et qu’avez-vous dit ?

C : Non, merci !

I : Parce que vous ne voulez pas du tout faire de publicité maintenant ? Ou le faire de façon plus professionnelle …

C : Non, parce que Conchita est une femme avec une barbe. C’est pourquoi je voulais… J’ai beaucoup de personnages dans ma tête qui n’ont pas de barbe et je leur ai déjà donné vie mais Conchita, précisément est la femme avec la barbe c’est comme ça et ça le restera !

I : Est-ce que… C’EST une taille zéro (la taille de ses vêtements). Dirais-tu aussi ça, Guido ?

G : Oui, c’est du zéro.

*Conchita rit*

I à Guido : Dirais-tu aussi ça ? C’est comme si on imaginait Victoria Beckham entrant maintenant et ce serait comme ça…

(04 :17)

C : Elle est encore plus mince.

G : Elle aurait la même allure…mais elle n’a pas un aussi joli sourire…

I : Mais vous devez faire attention à ce que vous mangez, non ?

C : Non.

G : (soupire) c’est injuste !

I : Dites-nous, vous aimez probablement manger des hamburgers et des choses comme ça ?

C : Oui.

G : Et vous pouvez porter toutes sortes de vêtements, franchement !

(note : parce qu’elle peut manger de tout et ne grossit pas)

I : Elle aime manger des burgers et des choses comme ça. Faites-vous du sport ?

C : Non !

I : Ok ??!!

G : Ahhh !

C : Le problème est, je sais, qu’à partir de ce moment-là je deviens antipathique.

I : Quelqu’un pourrait-il enlever Conchita – la petite Conchita voudrait être sortie du Pays des Merveilles ce n’est bien sûr pas sympathique, oui….

C : En fait, mes muscles grossissent si vite que ce n’est pas joli dans une robe !

I : Mais vous dîtes aussi que vous êtes en fait un homme gay dans la vie normale qui a un personnage de drag-queen…

C : Exactement !

I : Mais le drag-queens disent – les méchantes, bien sûr – « mais en fait elle n’en est pas vraiment une – car elle a la barbe. Et nous, les drag-queens faisons en fait semblant d’être de vraies femmes. «  Sont-elles envieuses à cause de la barbe, en disant ça ?

C : Mon approche… surtout dans cette communauté dont je fais partie, nous crions très fort que nous voulons être respectées et que nous sommes toutes semblables et égales !

I : Oui, oui !

C : Et alors je ne comprends pas pourquoi nous pensons aussi en stéréotypes dans ce monde auquel j’appartiens.

I : Surtout dans CE monde !

C : Exactement et c’est pourquoi je me suis dit : bien sûr que je fais du Drag (Dressed As a Girl = habillé comme une fille) même si j’ai la barbe et je fais du Drag même si je ne porte pas de seins. Et merci pour votre contribution, mais cela ne m’affecte pas beaucoup !

(5 :39)

I : Ok ! Le petit village dont vous venez était très conservateur autrefois. Vous êtes née ailleurs…je crois.

C : Oui.

I : Vous avez déménagé là plus tard.

C : Exactement.

I : Mais l’Autriche est conservatrice.

C : Oui.

I : Vous avez probablement toujours été un peu exotique et quand vous êtes allée à l’Eurovision, ça a été aussi un désastre national, mais alors vous avez gagné et maintenant tout le monde vous aime – vous êtes devenue citoyenne d’honneur !

C : Oui !

I : En êtes-vous contente ou est-ce seulement de l’hypocrisie ?

C : Heu, j’accepte aussi la fausse tolérance dont beaucoup de gens se targuent. Parce que si, à l’extérieur ils sont respectueux les uns envers les autres, alors cela ne m’importe pas tellement de savoir ce qu’ils disent derrière les portes closes ! De plus, chacun a le droit de progresser intérieurement ! Et je crois que particulièrement pendant cette période du concours, beaucoup, beaucoup de gens ont simplement compris quelle est mon intention.

I : Oui, oui. Ambassadrice de la tolérance, j’aime beaucoup ce titre !

C : Pas moi !

I : Moi si, je pense que c’est bien (elle enlève un cheveu du visage de Conchita).

C : Merci !

I : C’était un cheveu…

C : Vous pouvez aussi…. (montrant à Ina qu’elle peut tirer sur les cheveux)…. Je ne le sens pas !

(6 :44)

Ce qui est si drôle, Conchita, quand vous êtes sortie… Il a fallu que je regarde à deux fois et ça a semblé inhabituel de s’habituer à cette barbe si vite. C’est arrivé si vite. Au début je vous ai juste regardée et mes yeux m’ont dit que je n’y étais pas habituée….

C : Oui…

I : Des cils et des cheveux longs, donc une femme et puis cette barbe… Et il ne m’a fallu qu’une seconde de plus et instantanément je m’y suis habituée ! C’est si agréable qu’un être humain puisse changer si vite.

C : Oui, cela arrive très souvent. Je m’en rends compte aussi quand je rencontre des gens pour la première fois et qu’ils ne s’attendent peut-être pas à me rencontrer…

I : Ce n’est pas possible, vous entrez et alors, c’est …Conchita !

C : Et au bout de deux minutes, c’est fait ! Et je suis très contente que beaucoup d’hommes hétérosexuels me demandent en mariage !

I : Vraiment ?

C : Oui ! Peut-être sont-ils un petit peu saouls, mais…

*Tout le monde rit*

(7 :40)

I : Vous êtes aussi allée au Japon, c’était amusant !

C : Et les japonais semblent être les seuls qui se moquent si vous êtes mâle ou femelle. Ils trouvent cela plutôt normal et ils aiment ces bandes dessinées – comment les appelle-t-on ?

G : Les Filles Manga.

C : Oui.

I : Et les Filles Manga, est-ce qu’elles ne ressemblent pas vraiment à des hommes ?

C : Oui, il y a beaucoup de personnages androgynes dans la culture Manga. Et il y a beaucoup de magie, dont il peut arriver qu’un homme devienne une femme.

G : Je crois qu’il y a de la magie chez vous. Parce que j’ai pensé, eh bien, vous n’avez pas besoin de grand-chose, vous êtes là, vos yeux, juste un clin d’œil et on tombe sous le charme, parce que vous faites ces choses avec vos yeux…

(8 :26)

I : Ils sont déboussolés, ces japonais…

G : C’est une sorte d’image de soi. Ils sont fous, ils se mettent des cornes sur la tête ou quelque chose comme ça…C’est vraiment affreux…

I : Et pourquoi ?

C : J’ai eu l’impression que les japonais sont incroyablement polis et sincèrement, je n’ai pas réussi à savoir si leur politesse est une tradition ou s’ils me trouvaient vraiment formidable. Mais je dois aussi dire, qu’aucun autre pays ne m’a montré autant de respect. Et ils se seraient probablement coupé un doigt avant de m’appeler « IL ».

I : Et que font-ils ? Sont-ils debout, là, déboussolés et vous parlant en anglais ?

C : Oui.

I : Et vous répondez en anglais ?

C : Mais beaucoup d’entre eux ne parlent pas anglais, en fait. Donc c’était aussi…

I : Donc, probablement, ils vous admirent tout simplement ?

C : Oui, et beaucoup pleuraient après m’avoir parlé…

I : Oh, mon dieu !

C : Je ne sais pas si c’était une bonne chose, mais c’était…

G : Comme j’ai dit…

I : Comme nous ? Oui, oui…

C : Ils se tenaient devant moi et versaient des larmes. Et j’avais toujours envie de les prendre dans mes bras amis ils ne pouvaient pas supporter ça non plus…

I : Et vous dites à propos de vous-même que vous avez un… comment est votre nez, celui d’une reine égyptienne ?

C : Mes amis m’ont souvent fait la courtoisie de dire que je ressemble à une reine persane.

I : Hum, mais votre nez est tout à fait normal !

C : Merci, il est proéminent.

G : Proéminent ?

C : Oui.

I : Si vous n’avez rien de plus à dire…

G : …alors vous diriez proéminent…

C : Mais on trouve toujours à se plaindre de quelque chose sur soi-même.

I : D’une façon ou d’une autre, c’est toujours le nez….qui est à blâmer et c’est dommage.

C : Mais le nez n’a pas d’objections, donc…

I : Vous avez sûrement des trucs pour le foncer…

C : Oui, oui, j’ai…

I : Et mettre une petite bande claire ici…

C : Oui, ça dépende de mon humeur, si vous…

I : Avez-vous encore des conseils de beauté ?

(10 :09)

C : Ce que nous les drag-queens trouvons fantastique – malheureusement peu de femmes le font – et je trouve que c’est formidable – ces bandes qui font un lifting immédiat ! Je n’en porte pas là, mais vous les collez sur vos tempes…

I : Acki, est-ce que je pourrais en avoir ?

C :….Vous soulevez vos cheveux et vous attachez le lien autour de votre tête et donc tirez votre visage…

I : Hahhh, mais à quoi ça ressemble ?

G : Sophia Loren faisait toujours ça…

C : Comme un lifting !

G : Vous pouvez aussi le faire avec vos cheveux, vous pouvez tirer vos cheveux très serrés et les placer là… c’est même possible pour les seins…

I : Mais alors, ça ressemble à une grimace sur mon visage !

C : Oui, surtout si vous ne faites pas attention. Cela se produit surtout quand un des côtés est plus tiré que l’autre…

I : Donc vous faites ça quelque fois ?

G : Mais vous n’avez pas vraiment besoin de tirer…

C : Non, mais quelque fois c’est amusant pour les séances photos.

G : Oh, je vois…

I : Alors vous utilisez ça ? Hein ?

C : Pas toujours, mais si ça convient à l’apparence, oui.

I : Dites-moi ou vont les liens ? Où, ici, là ?

C : Vous les collez comme ça…

I : Comme ça…

C : Vous pouvez les utiliser pour tout, pour le cou aussi…

I : Vous les collez ici et puis vous arrangez vos cheveux derrière.

C : C’est ça ! Et puis vous les cachez avec des cheveux.

G : Vous pouvez faire n’importe quoi !

C : Tout est permis !

I : Ah, ce n’est pas bien. Vous ne pouvez plus siffler !

C : Est-ce que siffler est très important pour vous ?

I : Oui, très.

C : Oui !

I : Je crois que je devrais le faire !

(11 :20)

I : Combien de temps vous faut-il dans la salle de bain le matin ?

C : Cela dépend si j’ai un rendez-vous officiel ou pas ! Si c’est non, alors deux minutes, autrement, une heure.

I : Vous vivez en tant que Tom, en fait, Tom Neuwirth ?

C : Bien sûr !

I : Vraiment ?

C : Bien sûr !

I : Si vous allez chercher des croissants…

C : Oui, je le fais…

I : En tant que Tom…

C : …En survêtement.

I : Hum, et est-ce que les gens vous reconnaissent ?

C : A Vienne, oui.

I : Même sans tout ça ?

C : Oui, parce que je passe à la télé depuis 2007 et c’est pourquoi ils me connaissent, mais ailleurs, pas vraiment.

(11 :50)

I : J’ai lu par hasard la semaine dernière, que la musique peut vraiment donner des orgasmes aux gens et alors, j’ai…

C : Pourquoi est-ce que je ne sais pas ça ?

I : C’est ce que je me demande à moi-même. C’était écrit dans un magazine très respectable ! Et j’ai pensé que c’était formidable parce que je me suis dit : « C’est pareil avec Conchita au moment où ça a commencé ! » Je veux dire ces accords qui changent et le volume s’accroit, etc… – il a été prouvé qu’il y a des chansons d’Adele qui produisent un orgasme émotionnel ! Et avec vous c’était exactement la même chose…

C : Attendez…

I : (elle chante la mélodie de RLAP) La… … … La… La… La…la…..La… ….La…. La laaaaaaaaaaaa…… …. La.. la.. la… laaaaaaaaaaaaaaaa et j’ai pensé, oui, c’est ce qu’ils veulent dire…

C : (rit)

I : Et c’est ce qu’ils voulaient dire, non, J’aurais eu peur de me toucher en atteignant cette note….

C : (rit aux éclats)

G : Ca arrive aussi à des gens qui ne chantent pas…

I : ….et vraiment. La…la…la ….la….la….Alors je crierais et je devrais m’arrêter .

C : Je dois dire que je ne suis pas une si grande fan de moi-même que je….

I : Mais la chanson et votre voix !!!

C : De la chanson, oui !

I : Et de votre voix !!!

C : J’y travaille !

I : Tous les gens assis ici semble toujours avoir un problème avec…

G : Mais c’était quelque chose de spécial, c’était vraiment formidable, C’était formidable…

I : Cela avait quelque chose de très émouvant !

G : … Parce que quand vous êtes entrée, tout le monde a pensé « Oh mon dieu, elle est complètement folle » et tout le monde a pensé « voilà qu’arrive celle avec la barbe, elle fait quelque chose et ne va pas y arriver… et puis, bien sûr vous donniez le meilleur de vous-même et à la fin tout le monde était simplement sans voix ! Je pense que même en Azerbaijan, ils ont pensé, « Oh, mon dieu, c’est… On s’en fout, on vote pour elle ! » Et je pense que c’est vraiment ce que vous avez fait… J’étais totalement sidéré… J’ai pensé : « Je ne peux pas y croire ! Même dans ces régions où ils ne votent que pour les contrées voisines… Ils étaient enthousiasmés !

(13 :19

)I : Et la Russie a aussi dit, à ce moment-là « Non, nous ne pouvons pas accepter tout ça ici ! Oh, mon dieu, c’est affreux ! Ou la Turquie, je pense que tout était très difficile ! Mais le public vous adonné tellement de points que vous n’avez jamais eu zéro points de la part de ces pays et la Russie vous a même mise à la troisième place !

C : Oui, la Russie a donné 7 points, ce qui pour nous tous…

I : Oui, et alors on a tous ceux qui devait gagner – pour moi c’était très clair qui devait être vainqueur.

C : C’est ce que tout le monde me dit.

I : Oui.

C : Je ne… Eh bien, pour moi ça a été une grande surprise – vraiment, très franchement.

I : Vraiment ?

C : Oui, parce que…Et j’ai l’air de pleurnicher mais… depuis que je fais ce que je fais, j’ai passé ma carrière à ne pas avoir de succès et j’étais bonne à applaudir les vainqueurs.

(14 :00)

I : N’y-a-t-il pas eu un moment à l’Eurovision où……. Ce que je ne peux plus imaginer est d’être debout sur cette scène et quand ils disent…. Trois, deux, un….Les caméras tournent ! ……900 millions de gens à travers le monde vous regardent. Et ils disent « Conchita, ne nous déçoit pas – Conchita ! » ! Ce qui est vraiment formidable, c’est de garder son sang-froid ! La voix est une chose, et la chanson, et tout – mais l’autre chose est de vraiment garder son sang-froid !

G : Ca c’est passé comme ça… elle se tenait là, avec tellement de force.

I : Oui !

G : Cela a été… je crois que ça a été un moment de folie. Quand j’ai vu ça, j’étais…

I : Avez-vous pleuré ?

G : Oui.

I : Moi aussi !

G : Puis-je vous dire quelque chose, j’ai été si fier de vous, c’était…

I : Oui, on a tous été sacrément fiers !

G : …..J’ai vraiment pensé… j’ai aimé ça et particulièrement quand je me suis dit, bon sang ! Enfin les gens se sont serrés les coudes…. Juste pendant un moment !….

I : Ces vieilles vaches…

G : Pour une fois ils ont vraiment montré qu’ils étaient émus, qu’ils étaient libres et acceptaient même un artiste juste comme il ou elle était.

Et à ce moment, vous l’avez fait et dit : « on ne peut pas nous arrêter… » J’ai pensé « Maintenant, je vous aime pour toujours ». Et c’était quelque chose d’énorme, je dois le dire.

Et tant de gens ont appris tant de choses cette nuit-là, je crois. C’était réellement… Tout le monde planait. Je suis allé en Autriche trois jours plus tard et ils planaient et c’était si merveilleux… je pense que vous en avez fait tellement pour l’Autriche !

I : Je le crois aussi !

G : Mais il y a eu tellement de souffrance entre temps, mais vous avez tout sauvé !

I : Voulez-vous vraiment écrire quelques questions sur les sous-bocks maintenant ? Mais je crois que vous avez déjà été très occupés à le faire !!!

(15 :14)

I : Regardez, Frank a été très occupé à écrire des cartes. Combien en avez-vous écrit, deux ? (à Guido) Pensez-vous pouvoir reconnaitre les cartes que Frank a écrites ?

G : Oui, absolument, je reconnaitrais son écriture et je pense que les questions seront intelligentes…J’espère.

I : J’ai répété une chanson…

C : Nous avons répété une chanson…

I : On n’a pas pu vraiment le faire… au début. Mais, oui, vous la connaissiez et moi aussi, mais vous ne l’avez jamais interprétée en public, avant.

C : C’est vrai, on va voir ce que ça donne…

I : C’est excitant… et nous nous sommes bien amusées parce que c’est une chanson formidable. Je l’ai entendue sur le CD et là elle est très bien produite, bien sûr. J’ai pensé « oh, mon dieu, j’espère qu’on va pouvoir la chanter. » nous avons besoin de nos micros… Très bien. Etes-vous un peu excitée ?

C : Je suis excitée.

I : Bon, est-ce que le corsage tient bien en place ?…Oui, ah, eh bien ça n’a pas d’importance (elle regarde Conchita avec envie)

C : Ina, s’il vous plait !

I : Que la musique commence !

*Elles chantent : Where Have All The Good Men Gone*

I : Quelle crétine !

C : Merci.

I : Mais je pense aussi…Oh, mon dieu, c’était formidable. Je pense, Guido que nous sommes d’un certain âge et que nous savons quand nous allons nous lâcher. On se dit : continue ! Et merde… est-ce que j’ai transpiré ? Pourquoi j’ai transpiré et pas elle ? On ne sait pas.

C : Puis-je me rassoir ?

I : Oui, on va y retourner et nous allons faire quelque chose de… bizarre, je pense qu’on peut dire ça et enlever ces trucs. Les sous-bocks sont pour Guido.

Nous nous asseyons ici et nous continuons à parler et on va le faire comme ça… (roulement de tambour)… Je passerai la jambe au-dessus de votre tête et Guido le fera au-dessus de moi. Allons !

G : Oui.

I : Je vais sauter en bas……et…..

C : Ok.

I : Vous deux êtes comme un banc, c’est fou.

C : Vous l’avez fait très joliment.

I : Maintenant c’est votre tour pour un solo…faites juste votre solo… une fois par-dessus et puis…c’est bien…

C : Oh, mon dieu …

I : Vous voyez, on ne s’amuse pas seulement ici…

C : Non, on travaille aussi.

(20 :47)

I : Qu’est-ce qu’il y a toujours dans votre frigo ?

C : Ma lotion pour le corps.

G : Oh, pour la garder fraîche ?

C : Oui, surtout l’été.

I : Vraiment ? Et vous allez en courant à votre frigo, nue, prenez la lotion et puis…

C : Oui, c’est ce que je fais.

I : Chapeau !

C : (rit)

I : Est-ce vrai que la robe de mariée que vous avez portée pour le défilé de Jean Paul Gaultier, vous a laissé des marques parce que vous étiez tellement serrée?

C : Oh, oui, je le suis toujours, oui.

I : Quoi ? Ce n’est pas bon, n’est-ce pas ?

C : Quelques fois, il faut que ce soit comme ça.

I : Oui ?

C : Oui.

I : Et vous devez toujours porter ces trucs pour avoir cette taille fine ?

C : Eh bien, je ne suis forcée à rien. Mais j’adore ça !!!

I : Vraiment ?

C : Oui, j’aime ça et je crois que c’est une sorte de fétichisme pour moi. Si vous faites du Drag, vous ressentez toujours quelque douleur. Nous ne nous plaignons pas, c’est juste, parce que… eh bien, juste pour maintenir l’illusion dans notre esprit aussi bien que nous pouvons.

(21 :45)

I : Aimez-vous les crêpages de chignons ?

C : Non ! Je ne suis pas douée pour ça ! Pour un crêpage de chignons il faut être deux, il faut deux « garces ». Quand la première commence, l’autre doit continuer. Je ne suis pas du tout douée pour ça. Je n’ai pas une langue assez acerbe.

I : Que devrions-nous faire ? Vous devriez dire : « je ne sais pas, mais quand je vois ces cils »… quelque chose comme ça…. « Alors, vous voulez parler de mes cils ? »

C : Je ne sais pas.

I : (rit)

C : Je suis une telle mauviette. Je crois que je pleurerais.

I : Ca ne va pas non plus. (Question suivante sur le sous-bock) Est-ce que c’est agaçant quand des travestis méchants et vulgaires essayent d’imiter votre style ?

C : Non, je trouve que c’est bien.

I : Vraiment ?

C : Oui, j’aime ça.

I : J’en ai vu une à la télé une fois. Quelqu’un qui vous imitait. Mais il était beaucoup plus corpulent que vous et ça a toujours l’air un peu bête.

G : j’en ai vu une à new York. Un dimanche après-midi. Elle était plutôt belle. Elle est passée et j’ai pensé : oh, regardez ça, Conchita est ici. Elle a traversé Central Park et tout le monde la regardait, dans sa robe voletante. Très joli !

I : Formidable !

C : Les gens portent de la mousseline à Central Park, c’est comme ça !

(22 :45)

I : Combien de côtes vous êtes-vous fait enlever ?

*Guido rit*

I : On n’a pas à répondre à ça ! (Ina jette le sous-bock)

C : Juste assez pour pourvoir marcher en me tenant droite !

I : Est-ce que Conchita fait pipi debout ou assise ? Laissez-moi deviner !

C : S’il vous plait !

I : Je dirais que Tom va dans les toilettes des hommes et Conchita va dans les toilettes des femmes.

C : Oui !

I : Tom est assis et Conchita est assise.

C : Correct !

I : Puis, nous avons ça ( Elle jette le sous-bock)

C : Ce n’est tout simplement pas possible (Elle semble continuer à parler sur la position aux toilettes). Je ne suis pas capable de le faire, même si j’essayais, Je…. On ferait mieux de ne pas approfondir le sujet !

I : Quand vous êtes seule, parfois, est-ce que votre voix baisse (Elle prend une voix très basse) et vous dites Oh, Homme ! Les cils enlevés et OOOOh, Homme !!!!

C : Je le fais quelque fois. Mais si je devais faire semblant d’avoir une voix comme ça, ce serait épuisant.

I : Ce ne serait pas votre voix, non ?

C : Non. La façon dont je parle maintenant…

I : Donc, votre voix est celle avec laquelle vous parlez en ce moment ?

C : Exactement

I : Est-elle vraiment plus aigüe que la mienne ? Qu’en pensez-vous ?

C : Je ne sais pas.

G : Je dirais oui. (Il rit)

I : Oh, mon dieu ! Oh, mon dieu ! C’est vrai, n’est-ce pas ?

(23 :41)

C : Je pense qu’une voix féminine profonde a plus de sex-appeal.

I : Je trouve que les voix féminines aigües sont vraiment très agaçantes. Et c’est pourquoi je suis un peu soulagée, moi qui bavarde tellement. Si je faisais ça sur une haute fréquence, ce serait insupportable, je crois. On serait déjà tous rentrés chez nous.

G : J’ai une voisine en Espagne. Sa fille ne trouvera jamais d’homme. Récemment, elle a eu un libanais, mais on ne peut vraiment pas supporter sa voix, n’est-ce pas Frank ? Sandra. Non, on ne peut vraiment pas la supporter. Quand elle parle, c’est fini. Tout le monde s’en va, même les chiens s’enfuient. C’est vraiment terrible.

I : J’ai lu, récemment des sondages. Ils ont découvert que les hommes, en fait, trouvent la voix de Heidi Klum agréable. Je ne peux vraiment pas l’imaginer. (Elle imite la voix de Heidi Klum) On ne peut pas trouver ça agréable ! Imaginez, l’avoir à la maison ! (Elle imite encore sa voix : « n’avez-vous pas encore fini la chambre ?) C’est insupportable !

G : (rit)

I : Non, vraiment ! Mais c’était perçu comme confortable.

G : Peut-être.

I : De toute façon, ma voix est plus grave que celle de Conchita. On est d’accord là-dessus, ce soir.

(24 :40)

I : Chantez-vous dans la salle de bain ?

C : Oui ! Fort, toujours ! Tout le temps ! Chaque matin et aussi sous la douche.

I : Pouvez-vous imaginer vivre avec Guido ?

G : (rit)

C : Nous nous connaissons à peine.

G : Nous nous connaissons à peine.

I : Comment ça se fait ?

G : Je ne sais pas. Nous n’avons jamais, hum….

I : Il n’y a pas encore eu d’interfaces.

G : J’entends souvent de la part de gens qui ont travaillé avec vous : « Oh, elle est vraiment très gentille ! C’ est très agréable de travailler avec elle. » C’est ce qu’on m’a souvent dit, mais nous ne nous sommes jamais rencontrés !

I : Préférez-vous le filet ou les saucisses au curry ?

C : Tout !

I : Avec qui aimeriez-vous chanter un duo ?

C : Cher !

*Ina grogne*

I : Avez-vous une idole artistique ?

C : Oui, j’ai grandi en écoutant Shirley Bassey.

G : Je l’ai rencontrée à Monaco, une fois.

C : Oui, elle vit là-bas.

G : Oui, oui, oui ! Elle était assise là, elle est vraiment spéciale.

I : Quel âge at-t-elle maintenant ?

G : Je crois qu’on ne peut plus estimer son âge, quelque part en dessous de 100 mais plus de 80, je crois. Quelque chose comme ça.

C : J’ai regardé une interview d’elle et je l’ai adorée. Elle a la langue très, très acerbe.

I : Ca vient avec l’âge, je pense.

C : Je trouve que c’est formidable !!!

G : Elle a vu beaucoup de choses dans sa vie. Est-ce qu’elle n’a pas tiré sur un homme ? Oui, n’est-ce pas ?

I : Oui, elle avait une voix exceptionnelle.

G : Elle a fait beaucoup de choses dans sa jeunesse. Elle est sexy. Et sa voix aussi….(Il l’imite)

I : Vous dites : « Est-ce qu’elle n’a pas tué un homme à coup de révolver ? »… et vous regardez Frank ?

G : Parce que Frank sait tout !

I : Oh, je pensais que c’était parce que Frank avait aussi tué quelqu’un à coup de révolver.

G : Je ne dis pas que c’est une meurtrière, et puis ce n’est pas vrai du tout, je crois…. ( ????)

C : (rit !!!)

(26 :07

I : Avez-vous une perche à selfies ?

C : Non .

I : C’est bien une perche à selfies, non ?

C : Oui. Une fois, j’ai aidé un ami avec sa perche à selfie parce qu’il n’y arrivait pas, debout devant tous les autres sur la plage de Mykonos. Il portait un très petit slip de bain avec une grosse tête de chat devant. Et j’ai pensé que ça faisait vraiment pitié ! Tous les gars vous regardent et vous tournez en rond et en rond. Donnes-moi ton téléphone, je vais prendre la photo ! C’est pourquoi, non, pas de perche à selfies !

I : Mais, et les fans, que font-ils ? Ils veulent vraiment prendre des selfies tout le temps ?

C : Oui, mais on n’a pas vraiment besoin de perche !

I : Oui, bien sûr. Vous en avez rarement besoin.

(26 :45)

I : Et bien, tout le monde… Je crois que nous avons appris quelques nouvelles choses sur vous. Je suis si contente…. Guido, nous nous connaissons depuis longtemps… Et un jour nous ferons quelque chose dans la mode… Et, Conchita, vous devriez penser à un duo avec moi… ? Oubliez Cher… Je dois dire que…

Maintenant, nous allons écouter une chanteuse… Vous êtes ici pour la seconde fois, Guido, et vous êtes ici pour la première fois, Conchita… Elle est ici pour la troisième fois. Pourquoi ? Je ne peux pas m’en empêcher, parce que je suis une grande fan, elle a fait un nouvel album et il est formidable, encore.

Je pourrais vomir parce que vous êtes tous si formidables… pleins de bonheur… j’ai envie de rendre par pur bonheur….

(Chanson : Halleluja)

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s