Traduction française de l’interview de Conchita « Menschenkinder »

https://youtu.be/FDTdpRBZXgY

TRADUCTION FRANCAISE de l’interview de Conchita Wurst dans l’émission d’André Hellers « Menschenkinder ».

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Eh bien, la question de ma naissance est très intéressante dès le début, parce que doit les séparer. Il y a – comment puis-je les séparer – le MOI privé et le MOI que j’ai créé pour pouvoir être moi-même sur scène et même un peu plus – si c’est compréhensible .

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Conchita a pour la première fois été poussée sur scène, je crois que c’était en septembre 2011, et c’était dans un tout petit club à Vienne, parce qu’on m’avait demandé si j’aimerais présenter une revue burlesque. Ce serait hebdomadaire, et j’ai pensé, « Oui, pourquoi pas ? Ce serait amusant, quelque chose de nouveau. » Mais il y avait un problème esthétique qui m’est venu à l’esprit : attend, si tu fais ça en travesti – ce que j’avais l’intention de faire – tu vas devoir te raser toutes les semaines. Mais je n’aime pas mon visage rasé. Donc, j’ai imaginé qu’une femme barbue serait la solution parfaite, et je me suis maquillée sans me raser, et j’ai pensé que je n’avais jamais été plus belle – et c’était un sentiment agréable.

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Donc la naissance de Conchita s’est faîte vers l’automne 2010, et en tant que Tom – Thomas, en entier – je suis né le 6 novembre 1988 à Gmunden, le San Francisco autrichien !

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Je dis que mon enfance est une enfance de conte de fée – vraiment. J’ai eu une vie incroyablement belle, à grandir dans la Haute Styria, dans le Saltzkammergut, entouré de montagne et de prairies, et dans une famille très – vraiment très conservatrice mais en même temps aussi très libérale. Ce qui nous a toujours été mis en valeur a été – comment dirais-je – le respect et se trouver soi-même. Il y avait certaines règles à suivre, tout le reste dépendait de nous. Et en fait, les règles étaient seulement sur la personnalité – j’ai aussi un frère – quand il s’agit de la personnalité des fils, c’était toujours important d’être respectueux et de ne blesser personne. Et tout le reste était notre décision. A part les règles : vous devez finir l’école, obtenir le diplôme secondaire et ensuite vous pouvez vous concentrer sur quelque chose qui ne sert à rien comme l’art.

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Mes parents sont tous les deux originaires de Haute Autriche. J’y suis aussi né et ils ont déménagé en Haute Styria quand j’avais 4 ans et mon frère 5, parce qu’ils ont acheté cet hôtel, et donc pour moi, mon enfance est liée à la Styria. A mon avis, la Haute Autriche est aussi une région très catholique et mes parents ont été – ma mère probablement encore plus – élevés d’une façon incroyablement conservatrice et religieuse. Pour le décrire : les parents de mon père ne nous auraient probablement embêtés le dimanche matin en nous emmenant à l’église. Les parents de ma mère si. Donc l’influence religieuse venait sans aucun doute plus du côté de ma mère.
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Mon frère et moi avons été baptisés, nous avons fait notre première communion, notre confirmation – toutes ces choses ont été faites simplement parce qu’il fallait les faire. C’était la façon dont nous étions censés agir. Mais malgré ça, je n’ai jamais eu le sentiment que ma mère ou mon père me pousserait dans une certaine direction. J’ai laissé l’église quand j’ai eu 18 ans, et ma mère me dit encore : « Je sais que tu ne crois pas à ça mais je prie pour toi. » Et je pense que c’est beau parce que ça lui donne de la force. Mais, cependant, mes parents ne sont jamais condescendants à ce sujet.

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J’ai été enfant de chœur. J’ai été dans la fanfare. J’ai fait tout ça. Je chantais à chaque fête. Je saisissais toutes les occasions de chanter, et à la campagne, les fêtes religieuses sont, bien sûr plus importantes que la plupart des autres et l’église est un bon endroit pour chanter. C’est pourquoi j’ai toujours eu un lien avec la foi en elle-même. Je ne crois pas dans le concept de l’église catholique, mais je ne sais en quoi d’autre je crois.

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Bien sûr le – comment le dire – déroulement du cérémonial de la messe devient une seconde nature chez l’enfant de chœur. Et une fois que j’ai eu appris ça, je pouvais construire mon propre univers – de cette situation. Et j’adore le son de l’orgue et oui, malheureusement, vous trouvez ça surtout dans une église.

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Je suis encore très, très théâtral et j’ai toujours été comme ça – dans ma tête. Beaucoup me corrigeraient probablement et diraient « dans mon être » – mais ce n’est pas une mauvaise chose ! Et j’aimais imaginer ça dans la situation de la messe – quand j’ai eu compris ce que j’avais à faire et que tout était automatique – j’adorais le mettre en arrière-plan et créer ma propre cérémonie. Et c’était toujours lié à la musique et c’était toujours lié à ça – ces vêtements qui sont après tout plutôt féminins que portent les prêtres et les enfants de chœur. C’était – sans être cynique – un monde magique pour moi et aux yeux de l’Eglise Catholique c’était probablement une mauvaise interprétation. (rire) Mais j’aimais beaucoup ça, vraiment beaucoup.

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Je le ressens encore maintenant. Je suis quelqu’un qui – j’apprécie ! J’apprécie toutes les circonstances ! J’apprécie quand je suis déprimée – j’aime ça ! Avec la musique qui convient on peut souffrir si merveilleusement et avec la musique appropriée on peut faire la fête follement ! (rire) Et j’ai toujours eu ça. La musique m’a vraiment accompagné toute ma vie. Et aussi quand je reviens à cette situation dans mon enfance. C’est quelque chose qui n’était jamais absent. Dans le pire des cas, je chantais seulement dans ma tête. Je ne sais même pas d’où ça vient. Probablement de mon père qui est aussi secrètement un acteur qui n’a jamais pu se révéler. Mais mon père est aussi très théâtral ! Donc…

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Mes parents ont encore une auberge qui leur appartient – une pension ! Ils m’ont appris la différence très tôt. Une auberge ( Gasthaus) n’a pas forcément la capacité d’accueillir des résidents – une pension (Gasthof) si ! Cela veut dire que mes parents tiennent une pension et c’est de là que vient leur revenu. Mes parents sont à leur compte. Mon père est l’aubergiste et ma mère fait la cuisine. Et pour être franche, ce n’était pas très amusant pour moi d’avoir autant de monde dans notre maison mais je m’y suis fait, finalement. Et ces tâches obligatoires que les enfants d’aubergistes semblent avoir, «  Il y a tellement à faire, descend, tu dois aider pour la vaisselle ! » ou verser à boire ou autre chose et je n’aimais vraiment pas ça.

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Mais je retirais le meilleur de cette situation et divertissais les clients. Et quand j’étais encore assez petit, c’était tout à fait charmant mais en grandissant, non (rire), je ne suis vraiment pas doué pour ça et j’ai établi une règle avec mes parents : «  Je coudrais avec plaisir tous les boutons de la maisonnée mais je n’irai plus dans le restaurant ! » Et ça a été accepté. Mon frère a pris le chemin de la gastronomie et s’est intégré à la vie de l’auberge et je restais en fait toute la journée dans le grenier et faisais, comme promis, les réparations des vêtements et construisais mon propre univers de rêve !

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J’ai toujours aimé dessiner. Une vaste gamme de dessins, quels qu’ils soient – plutôt en relation avec la mode – que j’affichais sur le mur et je créais mes propres collections et par la suite je les ai aussi cousus. Et cela même avant de savoir comment faire ! Je me souviens que je cassais toujours ces aiguilles de ma mère et j’utilisais pourtant les plus solides, celles qu’on utilise pour coudre le jean et malgré tout, je les cassais. Cela agaçais beaucoup ma mère et donc j’ai eu ma propre machine à coudre un jour et c’était de ma responsabilité – c’était à moi de faire qu’elle marche bien ou pas. Et pour moi, à ce moment-là – j’étais, aussi loin que je m’en souvienne, un tout petit garçon qui jouait déjà avec la mode en se déguisant de toutes les façons possibles.

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Il y a cette histoire très romantique que ma grand-mère exagère, je dirais, parce qu’elle raconte toujours qu’elle m’a acheté ma première jupe. Et elle la présente toujours pour être félicitée de sa grande largeur d’esprit. Mais je crois que la situation était plutôt du genre – je suis si émotif – je protestais dans le magasin, j’avais absolument besoin de posséder ce vêtement, à tout prix et ma grand-mère a simplement cédé.

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Et donc – comment dirais-je – cette histoire a commencé parce que d’une part j’aimais me déguiser et d’autre part, j’aimais créer, de toutes les façons possibles. Que ce soit sur moi ou sur quelqu’un d’autre – j’adorais simplement ça. Mais seulement des choses qui m’amusaient – donc le restaurant, non merci – le grenier, oui, s’il vous plaît !

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J’aime toujours dire que j’ai déménagé de chez mes parents à 14 ans. D’abord, cette déclaration semble toujours plutôt révolutionnaire et courageuse. Mais j’ai déménagé pour un pensionnat et donc, j’étais toujours sous constante surveillance et à chaque week-end je revenais de Graz – de l’école de stylisme où j’étais – en Haute Styria. Cependant, c’était ça, jusqu’à un certain point – j’ai vraiment déménagé – jusqu’à un certain point – j’en suis fier.

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Je mentirais si je disais que ça a été facile de partir de la maison mais je l’ai fait parce que j’étais – et je ne sais pas pourquoi – j’étais partagé. Probablement que la maison m’a beaucoup manqué pendant les deux premières semaines et puis les visites du week-end se sont faites moins fréquentes. Je crois que plus grande la distance avec mes parents – ça a l’air plutôt pathétique – plus nous sommes devenus proches. Et en ce moment – comme est ma vie maintenant – c’est une des choses les plus belles que je ressente. La joie immense quand je les vois et cet immense amour que nous partageons et la fierté qu’ils me montrent et la joie que je leur montre. Qu’en ce moment simplement – et j’aimerais que cela reste comme ça pour toujours – nous avons une relation encore meilleure qu’avant. Et c’est probablement vrai quand on dit que l’éloignement rapproche.

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J’ai découvert très tôt, par moi-même – même en étant tout petit – que j’ai besoin d’une scène. Que ce soit dans ma tête ou sur une vraie scène – ça n’avait en fait presque pas d’importance. Mais je me suis aussi toujours rendu compte que je devais me retenir parce que je pensais que tout était « trop » concernant mes interprétations ou mon être et c’est pourquoi je me suis toujours transformé d’une façon ou d’une autre pour devenir ce personnage de scène. Que ce soit Tom, autrefois dans l’émission de jeunes talents autrichienne Starmania ou en tant que Conchita sur cette petite scène burlesque.

16 :53

Je ne m’étais pas rendu compte des pans de l’histoire nazie dans le Salzkammergut – pas du tout. Je ne sais pas si c’était à cause de mon ignorance ou simplement parce que personne ne me l’avait dit. Je suis conscient que surtout ce village où j’ai grandi – Bad Mitterndorf – et cette région est très conservatrice comme probablement beaucoup d’autres régions d’Autriche qui sont –comment dire –plutôt isolées, sont conservatrices. Mais je ne m’en suis jamais préoccupé. Et j’ai bien été confronté à de l’hostilité et je n’ai pas vécu une période agréable comme adolescent, mais l’adolescence n’est pas en elle-même très agréable en général. En plus pour moi, il y a eu le fait de remarquer que j’aimais les hommes, les autres garçons, non et bien sûr c’était un point faible à attaquer.

18 :10

Comme bien sûr je n’avais aucun point de comparaison, je n’ai jamais pensé si ce serait plus facile de faire son « coming out » dans une autre région ou pas. Mais malgré tout, même après mes années d’adolescence que j’ai passées pour la plupart dans cette région – en Styria – je pense que j’ai eu une merveilleuse enfance et passé du temps agréable à l’école. Parce que j’étais toujours entouré d’amour. J’étais toujours entouré pas des gens qui m’acceptaient comme j’étais. Et bien sûr, ma mère disait souvent, «  tu sais, si tu vas à la maternelle en robe, il se peut que les autres se moquent de toi, » mais ça n’était égal car je pensais : pourquoi se moqueraient-ils de moi ? Je ne fais rien de mal. Je ne dis pas aux autres qu’ils devraient porter une robe, c’est juste moi ! Je trouve que c’est amusant et c’est pour ça que je le fais ! Et je pense que cette attitude de petit enfant était très bien acceptée par les autres enfants.

19 :20

Durant la puberté ça a été complètement différent ! Je ne sais pas, j’ai développé une petite théorie pour moi-même qui semble me convenir à 100%. Je crois, quand je repense à ma jeunesse –« jeunesse dit-il et il a 26 ans – quand je repense à ma prime jeunesse et comment j’étais quand j’avais dix ou onze ans – j’avais une incroyable confiance en moi ! Puis la puberté et les années d’adolescence commencent et vous perdez votre confiance en vous. Et je crois que vous passez le reste de votre vie – pas toute j’espère, mais certainement une partie – vous le passez à vous débarrasser de cette insécurité de votre adolescence. Et je crois que j’en suis là en ce moment. C’est pourquoi je dis tant de choses qui – comment dire – me sont poliment attribuées, que j’ai tellement de sympathie pour les sentiments des autres, souvent ce n’est pas de la sympathie mais de l’ignorance. Je me moque de ce que les autres pensent et je n’ai pas l’intention de prêcher la bonne parole ! Je m’en moque complètement ! Je veux qu’on me laisse tranquille ; je vous laisserai tranquille – quand il s’agit de moi ! Cela change si quelqu’un que j’aime subit une injustice !

21 :05

Ma vérité n’est pas, et de loin, celle de tout le monde. Donc, pour quelqu’un d’autre,, le degré de confiance en soi pourrait être incroyablement élevé. Je crois que j’ai confiance en moi – parfois et dans certains domaines – quand je me regarde dans le miroir. Sous le bon angle je me trouve très belle – sous beaucoup d’autres angles, non. Mais vous connaissez aussi l’effet que ça fait quand vous voyez quelque chose de beau pour la première fois, c’est incroyablement beau, mais vous vous en lassez aussi. Cela m’arrive aussi ! Autrefois quand je me maquillais et que j’avais la barbe, je pensais, peu importe la photo que vous prenez de moi, quelle que soit l’angle – j’aurai toujours l’air fabuleux. Je suis revenu sur cette opinion ! Mais c’est aussi une évolution. Je me sens très à l’aise dans mon corps. Je me sens très à l’aise comme je suis. Mais je crois que beaucoup de gens sont comme ça, il y a des humeurs, et des bons jours, et des mauvais jours. L’un dans l’autre, je ne peux pas me plaindre.

22 :23

Cependant, je travaille à avoir confiance dans certaines situations quand il s’agit de dire, « oui, je l’ai bien fait » – « Merci, c’est vrai, je l’ai très bien fait ! »

22 :42

J’ai l’amour du langage et du son et quand je mets la perruque et le maquillage, je ne suis plus Tom, alors, c’est Conchita et Conchita parle un bel allemand courant. Et quelque fois, il arrive aussi que dans une situation privée je retombe dans le dialecte mais ça ne semble pas naturel. De même cela ne semble pas naturel quand quelqu’un – quand je rencontre quelqu’un comme ça et qu’on me dit « il ». Et je ne le fais pas parce que – je corrige rarement les gens – quand je les corrige je ne le fais pas à cause d’une attitude de diva mais simplement parce que je ne peux pas faire face à cette situation.

223 :33

Et je crois qu’avec tant d’autres personnages que j’ai imaginés, je peux vivre à 100% chaque facette de moi. Il a fallu vraiment que je leur donne un visage ! Il y a un visage pour la diva que je veux être en scène et il y a un visage pour le jeune homme paresseux que j’aime aussi être et qui parle en dialecte et – comment dire – porte des culottes de peau et aime boire de la bière et aime faire des choses qu’on lui a apprises quand il était petit et je pense que je ne peux que le recommander à tout le monde – vivre à 1000% chaque partie de vous-même. Jusqu’ici je trouve toujours intéressant quand les journalistes me demandent comment – je ne sais pas – je peux aller à des évènements aussi banals et plutôt humoristiques et en même temps parler au Parlement Européen et je dis toujours : parce que nous sommes tous sérieux et ridicules à la fois.

25 :08

Et je pense qu’il y a un temps pour tout et que rien n’arrive comme une contradiction, du moins c’est le concept que j’ai en ce moment.

25 :27

Les personnages dont certains ont déjà pris vie, d’autres sont seulement dans ma tête, couvrent tous mes états émotionnels – je dirais. Tom peut tout faire – naturellement ! Conchita est douée pour être polie, être théâtrale, avoir de la sympathie.

25 :56

J’ai un personnage appelé Eleonora White qui est incroyablement douée pour être mauvaise – d’une façon polie – ce qui est aussi très amusant. Elle parle l’anglais d’Oxford (rire ) et est la rédactrice en chef de son propre magazine de mode qui en fait n’est pas le sien – mais elle dit à tout le monde que c’est le cas. Je pourrais vraiment vous faire Eleonora maintenant. Elle dit des choses comme : « Eh bien, vous savez, ma chère amie Katy Perry chantait, ‘Vous êtes-vous déjà sentie comme un sac en plastique ?’ « Vous savez, un sac plastique serait ce qui irait le mieux avec votre visage, ce soir ! » Elle dit des choses comme ça et tout le monde pense que c’est un compliment mais ce n’en est pas un. (rire) Et je m’amuse beaucoup avec ça ! C’est pour dire – Eleonora est aussi un personnage que j’aime pour – comment dire – dire ou faire des choses qui ne sont pas correctes ou socialement acceptables.

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Et il y a le guide touristique, il est de Munich – Alfred Michelbeuern qui vit à Vienne depuis longtemps et c’est un guide touristique. Il persuade tous ses clients que tout à Vienne est sculpté dans du polystyrène. Et que l’hiver, toute la ville est mise à l’abri dans des garages spécialement conçus. On peut imaginer combien je m’amuse dans ma propre tête ! (rire)

27 :38

J’ai un personnage dans ma tête, elle s’appelle Genovera. Elle n’a pas encore de nom de famille. Elle est – elle n’a probablement jamais quitté Hietzing de toute sa vie et est vaguement inspirée par un ami à moi qui est aussi un artiste de drag et qui a un personnage similaire. Et j’aime parler comme si j’étais une vielle femme d’Hietzing. Et Genovera aime parler de la guerre, (en dialecte local) « On avait rien. Les américains étaient là, les russes là-bas. J’avais du chocolat des américains et des cigarettes des russes. C’était formidable ! Parfois j’aime aller à Lerchenfeld, ils me mettent toujours dehors. » Voilà comment parle Genovera et elle est assez drôle surtout par rapport aux temps modernes, elle créé un agréable mélange. En vérité, elle a probablement aussi un peu de ma grand-mère qui se débat avec son ordinateur portable et se rend compte que la touche de commande ne marche pas, alors elle appelle ma tante et demande si elle doit changer le ruban de la machine. Ce sont de gentilles petites anecdotes que j’inclus dans mon personnage.

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Oui, j’aime vraiment penser à différents personnages parce que je crois que si vous écoutez les gens, dans le meilleur des cas vous apprenez beaucoup, et dans le cas idéal vous apprenez quelque chose sur vous-même. Et vous découvrez quelque chose que vous pouvez utiliser.

29 :31

Conchita est bien sûr l’un des plus particuliers parmi tous mes personnages parce que, étant petit garçon, j’étais toujours plus fasciné par les voix de femmes. Toutes ces – et j’en suis convaincu – en fait toutes ces femmes superstars comme Shirley Bassey, Tina Turner, Céline Dion – récemment de plus en plus Edith Piaf, et même plus anciennes, Yma Sumac – ces artistes m’ont appris – je crois. Et j’ai toujours voulu – même petit garçon – être une diva – et je l’ai créée. Et donc pour la chanteuse que je voulais être, c’est probablement le personnage qui me convient le mieux ! Et tous les autres sont pour l’amusement et le divertissement mais au niveau que j’ai atteint avec Conchita maintenant, ils ne me combleraient pas. Parce que je crois que si je jouais une vieille femme aussi souvent que je suis Conchita maintenant, j’imagine que ce serait épuisant et aussi éprouvant pour les autres. Parce que Genovera n’est pas une personne facile.

31 :16

Quand j’envisage le concept de vieillir et j’y suis très ouvert, elle pourrait devenir très vieille, parce que j’attends d’être assez âgé pour porter une perruque grise. Parce que je pense qu’une vraie diva porte des cheveux gris peignés en arrière. Et il reste un long chemin à parcourir pour en arriver là. Mais beaucoup de gens sont surpris quand je leur dis – quand je leur donne mon âge – la plupart du temps ils disent «  vous faites beaucoup plus que 26 ans ! » Ce qui ne me dérange pas du tout et je le comprends. Bien sûr, si vous portez plus de maquillage, si vous – comment dire – appréciez les conversations sérieuses que beaucoup voient comme une facette de la maturité. Et cela ne me dérange pas du tout et je ne suis pas encore assez vieille pour le montrer visuellement. Mais j’attends ça avec impatience. Et je conseille aussi à tous mes amis qui ont des cheveux gris de les garder comme ça parce que je pense que c’est très chic !

32 :42

Au début je n’ai jamais formulé la comparaison, qu’il y avait – comment dire – une ressemblance avec Jésus. Et l’explication est très banale. J’ai commencé ma carrière en tant que Conchita avec des cheveux ayant une raie sur le côté. Donc, l’image n’a jamais été là. Quand j’ai commencé à avoir la raie au milieu, je dois admettre que j’ai souvent pensé : ah, cette photo fait un peu trop ‘Jésus ‘ ! Mon instinct me dit que je devrais prendre mes distances avec ça. Je ne veux pas me voir comme si j’avais pris cette image que tant de générations connaissent, et d’une certaine façon je revendiquais cette image en le faisant mienne à cause de ça – j’ai trop de respect pour ceux qui sont profondément croyants, qui ont une foi profonde dans le concept de l’Eglise Catholique, je n’oserais jamais établir une comparaison.

34 :15

Bien sûr je sais qu’il y a des ressemblances – la barbe et les cheveux longs. Mais comme on a pu le constater récemment en 2014/2015, c’est aussi une mode qui a affecté beaucoup d’hommes mais c’est encore de l’histoire ! Cependant ce n’est pas quelque chose que j’ai fait ou que je fais encore consciemment. Au contraire, c’est plutôt quand je me rends compte que ça devient trop masculin – que ce soit par rapport au maquillage ou aux vêtements, rétrospectivement – parce en situation, je ne m’en rends pas compte – mais rétrospectivement je pense toujours, « Ah, mmm » – c’était trop ‘ Jésus ‘, il faudrait faire plus attention à ça afin que ça ne se reproduise pas.

35 :04

En fait, on me demande fréquemment si Conchita a une vie érotique ou des expériences, des situations érotiques. L’a-t-elle permis ou l’a-t-elle fait et je dois dire « non » et « non » ! J’aime flirter avec mon apparence et j’adore être désirée par quiconque quelle que soit leur sexualité dans un contexte érotique que l’on peut ressentir, qu’ils le disent ou pas. Mais en ayant cet allure (elle se montre du doigt), assise devant vous, je ne permettrais aucune situation érotique parce que – cela convient de vous [la, les ?] citer maintenant : parce que je ne veux pas la souiller.

36 :19

C’est en fait une bonne question : pourquoi j’interprète l’érotisme comme « souiller » quelque chose ou pourquoi je fais ce lien. C’est une bonne question dont je n’ai pas la réponse. Peut-être est-ce l’éducation que j’ai reçue – qui porte ses fruits après tout – dans un environnement ultra conservateur. Je ne sais pas. Pour moi, cela a -cela a quelque chose – pour moi le concept de Conchita est d’une certaine façon lié à l’asexualité. Bien sûr je suis encore attirée par les hommes avec ou sans maquillage mais – je ne sais pas. Ca ne semble pas – ça ne semble pas bien d’une certaine façon…

37 :33

Mais si j’y réfléchis et si j’imagine être dans une situation où l’érotisme prend le dessus et vous en arrivez inévitablement au point où vous enlevez vos vêtements – alors, je ne pourrais pas tenir la promesse que je fais avec mon apparence. Quand la perruque, le maquillage et les vêtements sont enlevés !

38 :10

Il pourrait y avoir une situation où peut-être quelqu’un serait amoureux de toutes mes facettes et voudrait connaître et ressentir toutes mes facettes. Je n’ai jamais été dans cette situation. Peut-être – en supposant que j’ai quelqu’un qui compte – je n’y penserais pas trop. Parce qu’il saurait aussi de quoi j’ai l’air le matin quand je me réveille. Mais dans ma tête, ces situations érotiques sont surtout avec des gens que je ne connais pas ou qui ne me connaissent pas autrement que comme ça.

39 :01

Pour revenir à la raison pour laquelle je lie ces situations érotiques à des étrangers : c’est probablement le fait que je pense que l’érotisme avec les inconnus est plus excitant. Et je suis capable de tomber amoureux et je suis capable d’aimer du fond de mon cœur et de l’exprimer et je suis aussi capable de partager des moments érotiques avec quelqu’un que j’aime. Mais je ne ressens pas la satisfaction physique et mentale quand je connais trop quelqu’un.

39 :50

Oui, il y a bien eu un moment où j’ai pensé, tout ce qui est en moi est comme il doit être et toutes mes expériences m’ont amené exactement où je dois être aujourd’hui. Il y a tellement de choses que j’ai comprises rétrospectivement et d’une certaine façon je crois à la destinée mais aussi au fait de décider de son propre destin – je ne sais pas si c’est une contradiction. Mais cela me donne une sensation de sécurité de croire que certaines parties de ma vie sont déjà prédestinées et que tout se passe comme cela a été prévu.

40 :43

Oui – c’est un sujet très superficiel et banal mais – quand j’avais 17, 18, jusqu’à 20 ans, j’ai passé beaucoup de temps à essayer de façonner mon corps. A savoir, en le rendant le plus masculin possible. Gagner du poids, aller à la salle de sport, essayer simplement d’atteindre –comment dire – cette image convenue d’un homme beau et musclé. Et ça n’a jamais marché ! Mon métabolisme est trop bon – je peux manger ce que je veux et bien sûr je me muscle très rapidement mais sans la corpulence cela ne donne pas l’effet désiré.

41 :40

Et puis j’ai commencé à être une femme sur scène. Et petit à petit je me suis rendu compte que ceci est la meilleure version de mon corps. Et c’est en fait très bien que mes pieds soient si petits et c’est en fait très bien que je puisse manger ce que je veux.

42 :11

Parce qu’en tant que femme – ou la façon dont j’aimerais me voir en tant que femme – j’ai aimé ça et rétrospectivement, j’ai aussi pu accepter mon corps tel qu’il est dans ma vie privée. Et c’est, par exemple, une grande faveur que j’ai, en tant que Conchita, faite à Tom. Tant de petites choses se sont passées mais aussi des choses comme ça qui m’ont réconcilié avec moi-même et qui m’ont rendu encore plus content. Je ne sais pas si dans cinq ans je serai convaincu que je dois prendre du muscle et devenir Hercule.

43 :04

Pour la première fois depuis de nombreuses années je suis en ce moment seul, c’est-à-dire que je vis seul. J’ai toujours vécu en pension, à la maison, partageant une chambre avec mon frère, puis partageant des chambres avec des amis, partageant des appartements. Je vis maintenant seul pour la première fois et je cultive le plaisir d’être seul. Je décore mon petit donjon – comme j’appelle ma chambre – exactement comme je veux qu’il soit. Et je ne pense pas être une créature de luxe parce que, surtout ces – cette dernière année quand j’ai – comment dire – eu quelques euros à dépenser pour acheter des produits luxueux, je ne le fais pas parce que ce n’est pas important pour moi.

44 :17

En ce moment, je mets tout dans l’achat de choses anciennes dont personne ne veut plus mais que je trouve incroyablement belles. Ces choses ne sont plus utilisables parce que la plupart tombent en morceaux à cause de la rouille. (rire) Mais j’aime beaucoup ça ! Et je – bien sûr on pourrait philosopher sur ce que le luxe représente pour nous. Mais le luxe dans le sens traditionnel et la façon dont la plupart des gens le décrivent – c’est amusant, mais je n’en ai pas besoin.

44 :59

Il faut que je rencontre Shirley Bassey, ça ne peut pas être autrement. A part le fait que je crois lui devoir une montagne d’argent – pour les leçons de chant. Et parce que – quelle que soit sa personnalité – cette voix, il faut que je l’entende un jour. Et pas seulement dans un haut-parleur !

45 :29

Je crois que si jamais – si jamais j’ai l’honneur de rencontrer le Dalai Lama – je suis presque convaincu que cela changera ma vie ! C’est une rencontre que je souhaite tellement – de façon assez amusante je suis à peu près certain que cela se produira un jour, mais bien sûr je ne peux pas en être sûr.

45 :59

Je ne crois pas être intellectuel. Je suis cependant très intéressé. J’aime écouter les gens et je retire beaucoup de toutes sortes de rencontres, situations, moments – si il y a quelque chose qui me concerne – je les prends et les intègre dans mon système. Je n’aime pas lire. J’adore les images ! Donc les seuls livres – comment dire – la plupart des livres que je lis contiennent probablement 90% d’images. Je pense aussi en images. Et je pense en musique et cela peut probablement être rattaché au fait que j’ai toujours construit mon petit univers de rêve et cela m’inspire. Et je pense – avec le fait que j’aime écouter les gens – comment ils le disent, quelle intonation ils utilisent, la façon dont ils gesticulent – que ce mélange construit un concept qui a du sens. Mais je ne pense pas que je sois incroyablement cultivé ou intellectuel. Je crois que j’aime philosopher – sans que cela ait nécessairement du sens.

47 :37

Quand je suis allongé seul dans mon lit et pense à ma vie, je me dis souvent – quand je pense à mes prétendus « problèmes » – je me dis souvent, « tu as 26 ans, maintenant tu connais beaucoup de tes idoles personnellement – calme-toi (rire) tout ne va pas si mal que ça en a l’air ! » Et oui, je mène une vie privilégiée, j’en suis conscient. Et je crois que j’ai – je ne sais pas – on appelle ça de la modestie mais me voici à nouveau mal à l’aise. Je ne sais pas quoi faire des compliments et des titres qui sont trop grands.

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Un exemple : quand des journalistes me disent que je suis l’ambassadrice de la tolérance et de l’acceptation ! Je ne ressens pas ça et ce n’est pas qui je suis ! Parce que pour moi – de mon point de vue – un ambassadeur, un militant est quelqu’un qui se sacrifie pour faire quelque chose avec abnégation. De mon point de vue je ne fais rien qui soit désintéressé ! 90% du temps je fais des choses parce qu’elles me divertissent et parce qu’elles m’amusent et parce qu’elles me font du bien ! Parce que je me sens bien quand je – comment dire – quand je chante bien ; parce que je me sens bien quand j’ai fait une agréable interview et parce que je me sens bien quand j’ai pu aider quelqu’un. Et c’est pourquoi je n’ai jamais le sentiment que je sacrifie quelque chose pour faire quelque chose de bien – en vérité, c’est même un peu égoïste. Je fais des choses bien parce qu’alors je me sens bien. Ce n’est pas en fait une approche très louable.

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J’ai cette furieuse envie de – particulièrement quand il s’agit du problème actuel des réfugiés – l’envie de faire vraiment quelque chose. Faire quelque chose dans le sens de prendre les choses en main et faire concrètement quelque chose. Et j’en reviens au sentiment d’impuissance et je pense, que puis-je faire ou que devrais-je faire sur le long terme ? Que suis-je capable de faire et qu’est-ce qui aiderait ? Y a-t-il même quelque chose que je peux faire avec cet impact que je peux avoir sur certaines personnes ? Et ce sont les questions qui tournent dans ma tête depuis un certain temps maintenant. Et je me surprends à penser, « attends un peu, pourquoi je ne me sens pas bien en ce moment ? Oh, oui… »

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Et j’en plaisante toujours – parce que ma grand-mère a grandi au Portugal – j’en plaisante toujours et dis, je suis portugais et le monde me fatigue [voir Sausade : mélancolie empreinte de nostalgie]. C’est sans doute dans une phrase humoristique, mais j’y suis vraiment très sensible, très enclin à me demander pourquoi les choses sont comme ça et où cette situation devrait conduire. Et parfois je laisse ça réellement prendre une trop grande part dans ma vie parce qu’alors je ne me sens vraiment pas bien – parce que je me sens vraiment énervé par ça et alors je dois m’en sortir en disant, eh bien, c’est comme ça ! Je ne peux pas aller vers chaque personne et – comment dire – comme ça se fait en ce moment dans notre gare centrale – mettre des brosses à dents dans leurs mains ou autre chose. Il doit y avoir quelque chose que je peux faire !

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Et ma propre conclusion est que je peux chanter et que je peux parler. A part le fait que vous pouvez, bien sûr y aller et aider avec des provisions et autres. Mais avec mes chansons et ce que je dis, je peux essayer, par la suite, de collecter de l’argent – de pousser à l’action des gens qui, j’espère ont plus d’influence que moi. Mais, malheureusement – comme on en a déjà discuté – les gens que nous pensons détenir le pouvoir et qui pourraient prendre des responsabilités ne sont pas vraiment capables de le faire. Et vous êtes là, assis à écouter André Hellers quand il dit que des périodes comme nous en avons eues il y a trois ans ne se reproduiront jamais. Et je pense en moi-même, oui, c’est probablement vrai. Et ce n’est pas un sentiment agréable.

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Pour revenir à la raison pour laquelle j’ai pu faire face aux attaques sévères de gens intolérants – la raison est que c’était vraiment un processus. Au début quand j’ai fait mon « coming out », quand j’ai – je n’avais pas besoin de faire mon « coming out », j’étais seulement moi-même et ça suffisait – de l’âge de 10 à 13,14 ans. En fait ça a été très douloureux parce que je n’étais pas sûr s’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez moi après tout. Parce que la société me disait que c’était ça. Et j’ai pensé, c’est peut-être une phase. Mes parents vont me détester ! Ils vont me mettre à la porte, tout s’écroulait et c’était de ma faute.

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C’est ce que j’ai pensé au début – et j’ai essayé de lutter, de me persuader d’en sortir. Mais honnêtement cela n’a pris plus de six mois avant que je me dise – grâce à toute l’information que j’ai rassemblée à cause de ça – internet, etc. Un de mes meilleurs camarades d’école s’est confié à moi et alors je me suis confié à lui et nous étions cette sorte de duo qui se disait mutuellement, non ! Nous ne faisons rien de mal ! Et juste parce que les autres étaient trop stupides pour exprimer autrement le fait qu’ils ne pouvaient pas supporter ça, nous ne devons pas les laisser nous abattre. Et j’ai alors atteint le point où ça faisait encore mal, mais je faisais comme si tout allait bien.

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Et cela a encore pris de nombreuses années avant que – comment dire – en fait c’est quand j’ai eu 17 ou plutôt 18 ans – j’ai fait ma révélation à mes parents – plutôt tard. Donc, à partir de ce moment ça a été clair pour moi : plus de mensonges et je suis à 100% la personne que je suis et que je veux être. Et à partir de là je me suis senti incroyablement libre. Mes parents ont compris et ont accepté ce qui bien sûr n’est pas – comment dire – ne se passe pas comme ça pour tout le monde dans la même situation. Ca a été comme ça pour moi et je sentais que personne ne pouvait me blesser.

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Et puis j’ai créé la femme barbue. Et j’ai vite compris que même dans ce milieu d’artistes et –comment dire – dans la communauté LGBT des voix se sont élevées qui ne comprenaient pas ce que je faisais. Qui je pense être, parce que « Ce qu’il fait n’est pas du ‘drag’. Si vous êtes une drag-queen, vous ne portez pas de barbe. » Et pendant une courte période je me suis laissé influencé par ça et puis j’ai pensé, attendez une minute ! Nous sommes cette communauté qui exige l’égalité, qui veut être acceptée tels que nous sommes, et nous le revendiquons, et nous nous battons, et nous le hurlons au monde et vous voulez m’imposer un cadre ?

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Et ça a été probablement le point final pour moi quand j’ai dit non, je ne suis pas intéressé. Je fais ce que je pense être bien sans vous faire de mal ou montrer à quiconque un manque de respect. Et – je ne sais pas – peut-être mes parents m’ont-ils élevé avec des lunettes roses. Mais je n’ai pas – et je dis cela du fond du cœur- de ma vie je n’ai été désespéré, je n’ai jamais éprouvé une sensation de totale impuissance ou de peur ou d’inquiétude. Jamais. Peut-être est-ce ce qui me fait traverser le monde d’aujourd’hui en clopinant, de cette façon un peu naïve et ignorante ?

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