Traduction française de l’interview DAS du 29 08 15 sur NDR

TRADUCTION FRANCAISE (par Jocelyne Peltier) de l’interview : Interview  du talk show allemand DAS ! sur NDR du 29/08/2015

Hinnerk Baumgarten : Même le Secrétaire Général de l’ONU dit qu’elle est une star mondiale : Conchita est avec nous ce soir. Nous parlerons de son enfance difficile, des exercices de chants dans le grenier ou de ses études de stylisme dans quelques minutes, et où le « Wurst » a disparu sera bien sûr expliqué aussi.
HB : Elle a gagné l’Eurovision de la chanson, conquis des millions de spectateurs – mais avant cela elle a aussi traversé des moments difficiles – apprêtez-vous à apprendre à connaître Conchita ce soir.
Chère Conchita, c’est avec joie que je vous accueille sur le sofa rouge.
C : Merci beaucoup pour l’invitation.
HB : Vous a-t-on bien traitée jusqu’ici ?
C : Très bien ! Merci, c’est parfait !
HB : Donc vous êtes d’une humeur splendide ?
C : Oui !
HB : Nous avons trois quarts d’heure pour parler. Ca va être formidable ! D’abord un merveilleux portrait par Nico Schrader.
*on passe la vidéo*
Oui, c’est simplement cette sensation de chair de poule. Est-ce que c’est encore une sensation de chair de poule pour vous, ce souvenir de L’Eurovision ?
C : Oui, et chaque fois que je le regarde, je ne crois pas que je vais gagner.
HB : Que quelque chose peut encore mal tourner, ha ha…
C : Mais ça finit toujours bien ! C’est en fait toujours si irréel et je ne dis pas ça parce que je veux me plaindre, mais parce que c’est comme ça. Je fais de la musique devant le public depuis que j’ai 17 ans et j’ai passé presque toute ma carrière à avoir des échecs et à applaudir le vainqueur !
HB : C’était serré à Starmania, la deuxième place, mais néanmoins second est le premier perdant dans ce cas-ci, non ?
C : Oui et c’était une formidable nouvelle expérience.
HB : Quelle est l’incertitude des gens en fait, à savoir s’ils doivent vous approcher comme un homme ou une femme ?
C : C’est souvent une question d’âge en fait, pour être franche.
HB : Oui.
C : Les enfants comprennent immédiatement ! En fait, il y a deux façons de poser la question : soit : ‘pourquoi a-t-elle une barbe ?’ ou ‘Pourquoi porte-t-il une robe ?’ Dès que cela est éclairci, et je leur dit que je suis une femme dans ce personnage, ce n’est plus un sujet de discussion. Et alors, ils ont aussi compris que je suis toujours un homme en privé et oui, plus les gens qui m’approchent sont âgés, plus ils vont y penser. Et alors, il va y avoir d’autres questions, mais ce n’est pas un problème.
HB : C’est l’avantage de la jeunesse d’aller vers les choses sans étroitesse d’esprit.
C : Je le vois comme ça aussi – mais je ne me lasse pas de l’expliquer non plus parce que je pense que beaucoup de gens du grand public n’ont jamais été en contact avec le travesti ou le drag. Et la raison – je ne peux pas parler pour toutes les drag-queens, mais pour la plupart cependant – la raison pour laquelle nous insistons tellement qu’on nous donne un pronom féminin est simplement parce que nous mettons incroyables efforts dans la création de ces figures artistiques et c’est la façon la plus simple de nous montrer du respect.
HB : Le travail veut juste être respecté.
C : Exactement.
HB : Parfait. Nous venons de voir des photos de vous à l’Eurovision – ce n’était pas le portrait fait par mon collègue Nico Schrader cependant – nous avons fait une erreur de clip ici – mais le portrait qui montre beaucoup de choses sur votre vie, nous ne voudrions pas vous le cacher.
*on passe la vidéo*
‘Une icône, homme ou femme, Wurst [ça n’a pas d’importance] ! Comme un phénix de ses cendres – son triomphe à l’Eurovision – 12 pts pour l’Autriche, Autriche, Autriche, Autriiiiche… Depuis ce soir de mai 2014 tout a changé !
C : Oui, exactement, j’AI gagné !
Elle était déjà différente, comme Tom Neuwirth en Styria ! Imaginative, avec l’amour de la musique, de la nature et des robes – impensable – elle fuit le ridicule du village de sa jeunesse à 14 ans. Etudes de stylisme à Graz – mais elle est attirée par la scène – émissions de jeunes talents et revues nocturnes.
C : « Quoi qu’il arrive, je trouverai un moyen d’être heureuse »
Elle le trouve par le personnage drag-queen de Conchita Wurst ! La première femme avec une barbe complète. Son message : tolérance et amour – et elle ne le propage pas seulement par la musique.
Star mondiale, impératrice d’Autriche et pour elle, simplement… Conchita !
HB : Ban Ki-Moon – star mondiale !
HB: Conchita! Conchita! Où est passé le “Wurst”?
C : Hum, où est passé le « Wurst » ? C’est un, pour moi c’est un processus de développement, et je voudrais un jour devenir la meilleure version de moi-même, et à propos de mon nom de famille : j’ai crée une Conchita pleine d’humour ! Mais je me suis vite rendu compte que je suis pas aussi amusante que je le pensais et alors j’ai laissé tomber un tas d’attributs dont j’avais pensé qu’ils étaient indispensables à une drag-queen. Donc, je me réduis à l’essentiel – et c’est le nom « Conchita » ! Et « Wurst » est compris dans les régions de langue allemande et l’image derrière et que ça n’a pas d’importance d’où vous venez, de quoi vous avez l’air. En plus de ça il est toujours prononcé de façon un peu différente et n’est pas toujours entièrement compris et donc, pour des raisons variées, j’ai décidé de l’enlever.
HB : Et tout a commencé avec cette idée de « Wurst », le personnage burlesque. Conchita Wurst vient de votre période à Vienne quand vous étiez sur la scène de Kitty ?
C : Exactement.
HB : Et Kitty vous a laissé un petit message. Regardons-le.
Kitty : Moin, moin, [ Façon de dire bonjour en Allemagne du nord] chère Conchy. J’ai entendu dire que tu es dans une de mes villes préférées, à Hambourg et donc : moin moin – C’est avec beaucoup de joie que je regarde en arrière, vers le temps où tu travaillais dans la revue – La Salon Kitty Revue.
Pour moi, le show lui-même n’était pas si important, mais plutôt les moments les plus drôles et les meilleurs étaient toujours quand nous écrivions nos gags. Si tu peux encore t’en souvenir – chacun recevait 50 cents par gag de ma part *Conchy rit*, et quelque fois, tu te faisais jusqu’à 1,50 euro. *elles rient toutes les deux* Bien sûr, en plus de votre rémunération pour la soirée. Bien sûr c’est différent aujourd’hui, et je souhaite que tu continues à recevoir autant de joie de ce que tu fais, parce que cela m’a apporté énormément de joie de travailler avec toi. *elle envoie des baisers* – au revoir !
HB : Et sur le plancher, il y avait un chien couché. Un carlin était allongé par terre – très mignon ! Et bien vous êtes très amusante – un ou deux gags ont dû venir de vous.
C : On doit dire, que nous, juste comme Kitty l’a dit, écrivions nos dialogues ensemble. Et pendant ces sessions, je ne peux pas nier qu’il y avait une ou deux gouttes d’alcool impliqué. Et on pensait vraiment deux jours avant que c’était très amusant, et alors, sur la scène ça ne marchait pas si bien que ça – MAIS – j’avais mes 50 cents malgré tout.
HB : Ils restaient dans votre porte monnaie ?
C : Oui, ha ha ha …
(Partie sur Ingrid Bergman)
HB : La merveilleuse diva Ingrid Bergman ! Cela prend combien de temps pour devenir une diva ‘Conchita’ ?
C : En fait, ça ne prend pas très longtemps – en une heure tout est à peu près fait.
HB : Qu’est-ce qui est compris là-dedans ? Je veux dire la perruque…
C : J’ai le privilège d’avoir mes cheveux coiffés longtemps avant d’en avoir besoin. Après çà, il suffit de la secouer et de la mettre. Et oui, je peint mon visage, je m’accorde un peu de temps pour ça. Donc, ça me prend un peu moins d’une heure…
HB : Dites-moi, comment AVEZ-vous appris à marcher avec des talons aiguilles, ce qui est aussi totalement épuisant.
C : Je ne l’ai jamais appris, je savais simplement le faire ! Oui, je savais le faire, même quand j’étais un tout tout petit enfant – toujours !
HB : Petit enfant est le mot clé – votre autobiographie a été publiée « Moi, Conchita, on ne nous arrêtera pas ! » et de ça je vais montrer une autre image regardez, ici on vous voit, petit garçon touchant presque le tulle de la robe de la fille à côté de vous…Presque…
C : De l‘envie !
HB : C’est de l’envie ? Oui ?
C : Bien sûr !
HB : Comment avez-vous ressenti, étant enfant que vous étiez différent simplement un peu différent ?
C : Je ne sais pas si je l’ai vraiment ressenti, parce que pour moi c’était naturel d’être comme ça. Quand j’ai eu un nom pour ça, j’étais déjà beaucoup plus âgée. C’est à la puberté que vous vous rendez compte, ce qui est aussi possible dans cette société et ce qu’il y a au-delà. Donc pour moi c’était naturel d’aller à la maternelle en robe si j’en avais envie Et je me souviens de ma mère me disant, bien qu’elle ait toujours été très tolérante, qu’ils allaient rire de moi et que je trouverais ça déplaisant. « Es-tu sûr que tu ne voudrais pas plutôt porter un pantalon, ». Et je disais toujours « non » et ça finissait comme ça : non Et alors elle me conduisait à la maternelle et elle attendait à l’extérieur que les larmes se mettent à couler…ha ha…
HB :…Comme elle l’avait prévu…
C :…sur mes joues et je sortirais en courant du bâtiment et ce n’est jamais arrivé. Et pour conclure là-dessus : les enfants, comme on l’a dit auparavant, sont simplement beaucoup moins, comment dire, coincés. Pour eux, c’est juste…oh, ok…il porte encore une robe aujourd’hui… et alors…
HB : Un drôle de gars, – un drôle de garçon – mais ça ne fait rien. Mais plus tard, les problèmes ont VRAIMENT commencés avec la puberté. Comme l’ont remarqué des camarades de classe : « d’une certaine façon il n’est pas comme nous, il est d’une certaine façon un peu plus délicat ! » Que vous ont-ils fait ?
C : Je le remarquais aussi !
C’est aussi ce que je veux dire. Je ne crois pas que la puberté soit particulièrement amusante pour quiconque d’entre nous et chacun a sa propre histoire sur quand il a grandit. Mais quant à moi, j’ai insiste toujours que je ne suis pas une victime de ma jeunesse, parce qu’il y a des histoires dans la communauté LGBTI – la communauté des homosexuels, qui se terminent en suicide, même à un très, très jeune âge. Moi – -je n’ai jamais été attaqué physiquement. j’ai été insulté verbalement et bien sûr c’était très, très dur, quand vous avez douze/ treize ans. Parce que je pensais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez moi Et à cause de cette insécurité, des voix comme ça avaient une cible Et il a fallu du temps pour que je me débarrasse de ça.
HB : D’abord, ça a été en 2007 à Starmania, vous avez participé à la version autrichienne de « The Voice », et vous avez fini deuxième et il y a eu une interview de vous enregistrée et là vous000pourquoi avez-vous soudain dit : « Ok, I’m gay » ?
C : Je me sentais…A ce moment-là tout le monde savait, mes amis, et mes parents bien sûr savaient aussi, mais je ne le leur avais pas encore dit. DONC, j’étais assis là et on me posait des questions sur ma vie amoureuse et j’ai su : maintenant, j’ai deux possibilités : soit je mens comme mes parents voudraient que je le fasse ou je suis aussi authentique et honnête que je peux l’être et alors j’ai décidé d’arrêter de faire semblant et j’ai osé franchir ce pas. Vous savez, dire ce qui se passe en moi. Et je ne recommanderais pas de le faire comme ça – je dois le dire – donner une interview sans en avoir parlé avec les parents d’abord – ce n’est pas très bien reçu ! Il a aussi fallu un certain temps à mes parents pour l’accepter.
HB : Mais ils ne l’ont pas appris par la télévision, mais par vous d’abord ?
C : Non, bien sûr, bien sûr…ils l’ont appris de moi et ça a été le plus gros problème pour mes parents de dire : »La semaine prochaine toute l’Autriche va le savoir ». Et mes parents ont un petit hôtel et donc dépendent ou pensaient qu’ils dépendaient de l’opinion des autres pour réussir. Et ça a été dur pour eux, mais aujourd’hui ma mère me dit : »chacun a un concept différent », et peut-être que c’était la façon dont ça devait se passer avec mes parents, qu’il faut arracher le pansement d’un coup sec !
HB : La découverte du concept en vous et votre prise de position, c’est très important. Quel soulagement cela vous a-t-il apporté ? Je veux dire, comment vous êtes-vous réveillée le lendemain matin ?
C : Vous vous sentez extrêmement bien, je me suis sentie incroyablement bien. Je me souviens aussi, comment, dans cette situation, où je venais de le dire à mes parents, et nous pleurions tous, nous étions bouleversés – ma grand-mère a sauvé la situation en m’emmenant avec elle an Autriche du Nord et a dit à mes parents : « Et vous, vous vous calmez maintenant ! » j’avais vraiment mauvaise conscience et je me sentais pas bien du tout parce que mes parents allaient pas bien, mais en même temps je me disais : « Oh, comme c’est MAGNIFIQUE ! »
HB : Oui…*rires*
C : C’était si incroyable, simplement…ressentir cette liberté et je la ressens encore à ce jour.
HB : Ce qui est aussi intéressant, c’est que beaucoup de gens pensent qu’il y a quelque chose de trans-genre en vous, mais ce n’est pas vrai du tout ! Vous êtes simplement gay et vous portez des vêtements féminins pour votre personnage…
C : C’est ainsi.
HB : Et c’est ok, ou… ?
C : Exactement. Et je continue à insister là-dessus fortement parce que ce que nous les artistes drag faisons est seulement pour le spectacle et seulement pour divertir les gens et nous-mêmes. Quand on est transsexuel, ce qui est le cas si on ne d’identifie pas au sexe écrit sur votre certificat de naissance, ça c’est la réalité brutale et je ne sais pas comment c’est et je ne le saurai jamais parce que je ne peux même pas imaginer la souffrance et comment… Combien d’épreuves et de tribulations pour devenir l’être humain que l’on est. Et donc, je dois continuer à dire cela et a vraiment faire la distinction.
HB : Mot clé – votre spectacle – la revue, c’est après votre victoire à l’Eurovision, vous vous êtes produite à Paris. C’est un enregistrement sublime que nous voulons absolument montrer, à Paris, au Crazy Horse.
*ils passent la vidéo du Crazy Horse*
HB : Je veux dire, toutes les billets étaient vendus pour chaque représentation, bien sûr – Incroyable avec ces dames en arrière plan, c’était in spectacle fantastique. Vraiment, formidable !
C : C’était une expérience incroyablement merveilleuse que j’ai pu le faire et rien que de recevoir l’invitation était époustouflante. Qu’Andrée Deissenberg, la patronne du Crazy Horse ait pu envisager de m’avoir pour une semaine. On a beaucoup répété avant et je me suis vraiment amusée et j’espère qu’un jour je serai réinvitée.
HB : Tout a tourné de façon étourdissante autour de vous. Avant ils riaient de vous, se moquaient de vous et vous avez eu des moments difficiles, n’avaient pas gagné à différentes choses et puis vous avez gagné ! Maintenant on vous recherche – au Crazy Horse à Paris et tout autour du monde ! Qu’avez-vous ressenti quand vous êtes devenu citoyenne d’honneur de votre propre ville Bad MItterndorf ?
C : C’était quelque chose de très beau ! Je ne veux pas mentir, il y avait un peu – comment dire- de sentiments mitigés pour moi concernant cet évènement…
HB : De la satisfaction d’avoir prouvé qu’ils avaient tort ?
C : Non, parce que ça n’est pas dans mon tempérament. Je ne fais rien pour prouver quelque chose à quelqu’un ou quelque chose comme ça… Tout ce que je fais est pour moi-même. C’est très égoïste mais je vis vraiment ma vie pour moi. Cependant je suis convaincue que beaucoup de gens se sont rendu compte de qui j’étais exactement au moment de l’Eurovision. Ce qui veut dire que je ne peux pas mal prendre toute cette hostilité et cette incompréhension et peut-être seulement le fait de répéter ce que les autres ont dit parce qu’ils n’y ont pas vraiment réfléchi. C’est d’autant mieux de se l’entendre expliquer et de comprendre et d’accepter. Et c’est ce qui est arrivé dans ma ville et donc ça a été un moment fort en émotion pour moi et ma famille, et qu’il y ait même un document disant que je suis citoyenne d’honneur…
HB : C’est vrai. Oui, citoyenne d’honneur, oui, oui…exactement, exactement…
C : Mais il y a …je m’en suis assurée… *rires* Je ne voulais pas…
HB : Cela veut dire qu’il y a deux certificats ou ?
C : Je ne sais pas s’il y a deux documents, mais j’ai demandé pour rire, si je serais aussi citoyen d’honneur en tant que Tom ou pas… Mais oui, c’est le cas.
HB : Bien sûr, c’est aussi de l’action politique, nous en parlerons dans une minute, de votre intervention au Parlement Européen, mais d’abord regardons la vidéo d’un jeune homme qui est s’est libéré de la « prison » où il se sentait avant de faire son « coming out » et maintenant, il montre même sa passion sur scène.
*la vidéo commence*
HB : Allez, sortez le lasso ! Ca ne va pas aller. Conchita avec nous ce soir sur le sofa rouge et nous somme dans un enfer (hôlle) vert !
C : Grotte ! (höhle)
HB : Grotte ! Il y a eu deux grottes vertes, une autrefois dans une auberge…
C : L’auberge de mes parents, oui.
HB : C’étaient une sorte de pièce pour les enfants ?
C : Exactement et aussi pour un groupe de jeunes qui étaient là et nous. Mon frère et moi nous mêlions toujours aux autres enfants, – ce qui était un paradis pour nous.
HB : Et puis il y a eu la grotte verte à Bad Mitterndorf…
C : Exactement.
HB : Sous le toit.
C : Oui, c’était comme ça.
HB : Et cette grotte était la vôtre, non ?
C : Oui, j’avais décidé que se serait mon royaume et là-haut je pouvais tout faire, ce que j’aurais probablement pu faire n’importe où, mais je m’y sentais un peu plus libre. Je chantais fort, ce que les clients entendaient aussi en bas.
C : Et donc, beaucoup de gens ont dû se demander pourquoi Shirley Bassey chantait en fond sonore.
C : Oui, pourquoi ?
HB : Goldfinger, oui, pourquoi ? Comment, – parce que c’est du Shirley Bassey que vous chantiez ?
C : C’est vrai. Et cette chanson exactement, Goldfinger, était sur une compilation qui appartenait à ma mère, et à ce moment-là, je ne sais pas quel âge j’avais – je n’avais aucune idée de la langue que c’était et je n’avais aucune idée de qui chantait, mais cela me touchait et j’ai – même jusqu’à ce jour été suivie par Dame Shirley Bassey et je pense que je lui dois de l’argent pour les leçons de chant qu’elle m’a données. Oui, je chantais toujours avec elle très fort et elle m’a inspirée de bien des façons.
HB : C’est le fondement de votre carrière ?
C : Absolument et aussi, comment le dire, et ce truc de retour-aux-racines est apparu très fort exactement au moment de l’Eurovision parce qu’il y a l’histoire de RLAP. Vous savez, il y avait une date limite…
HB * chante RLAP*
C : Très bien.
HB : c’est vraiment accrocheur, n’est-ce pas ?
C : Très bien…Oui, merci beaucoup ! Je le pense aussi !
C : Il y avait une date limite au milieu de mars, où tous les candidats devaient avoir produit leurs chansons et un mois avant j’avais déjà cinq chansons qui étaient finies et mon manager m’a envoyé un email avec trois autres chansons et a dit : « juste pour être complet ». Et une de ces chansons était RLAP et alors, nous avons dû tout recommencer.
HB : Parce que c’est juste – juste cette sorte de… grande chose, non c’est…on peut vraiment l’imaginer dans un concert, avec un orchestre derrière, dans un grand opéra.
C : Oui.
HB : Dans ce grenier, la grotte verte, vous avez découvert la mode tout seul. Est-ce que vous portiez des vêtements de femme aussi ?
C : Oui, bien sûr Je cousais et je les essayais immédiatement.
HB : Oh, chouette !
C : Il le fallait, sinon je n’aurais pas su comment elles tombaient.
HB : Et il en est sorti quelque chose. Vous avez suivi de cours à l’école de stylisme de Graz.
C : Exactement.
HB : Le stylisme, vous avez fini vos études. Comment avez-vous fini avec Jean Paul Gaultier ? Je veux dire, c’est l’un des plus célèbres créateurs.
C : Oui, et vous devez vraiment imaginer cette histoire. Vous savez, assis là dans une école de stylisme et connaissant tous ces noms et un jour vous recevez une invitation de sa maison mère à Paris. Je me souviens encore de mon manager m’appelant et me disant : « Peux-tu t’asseoir, s’il te plaît ? » Et j’ai pensé, oh mon Dieu, qu’est-ce qui est arrivé et j’étais là : »…oui, je suis assise… » Et il a dit « et bien, jean Paul Gaultier voudrait te voir. »
Et je ne savais pas quoi dire… Heu, c’était en 2012 quand j’ai essayé de participer à l’Eurovision pour la première fois Il était déjà fan à cette époque, il m’avait déjà invitée. Et j’ai pu m’assoir au premier rang. C’est vraiment…
HB : Le premier rang au défilé de mode.
C :….. Et un incroyable honneur, et depuis ce temps là nous n’avons jamais perdu contact, et quand j’ai gagné, il m’a immédiatement félicitée. J’avais un bouquet de roses dans ma chambre d’hôtel et des félicitations sans fin et j’ai aussi pu défiler sur le podium pour lui
HB : J’espère que les roses étaient rouges ?
C : Oui, elles l’étaient.
HB : Naturellement, bien sûr. Vous avez défilé pour lui et on va regarder des images de ça à nouveau parce que ce n’est en fait pas si facile à cause des très, très hauts talons.
*Vidéo du défilé de Jean Paul Gaultier*
HB : Etait-ce à l’été 2014 ?
C : Oui, exactement. Juste après la victoire…
HB : En fond sonore, on entend Rise Like A Phoenix, bien sûr. – C’est d’importance secondaire, mais vous aviez observé les mannequins avant – c’était très difficile de marcher dans ces vêtements, non ? Regardez… Mais ça a l’air très professionnel. Avez-vous l’intention de peut-être créer quelque chose avec lui à un moment donné ?
C : Oh, mon Dieu, je ne sais pas if même j’oserais, je veux dire, c’est l’élite. Et, euh…Non, je ne crois pas que j’aurais le courage de faire ça. Dire à Jean Paul : « regardez ce que j’ai dessiné ».
HB : Jean Paul, j’ai quelque chose…Non ? Oui !
*une vidéo avec des voitures*
HB : En fait, avez-vous votre permis de conduire ?
C : Oui.
HB : Et c’est bien normal, évidemment.
C : Mais c’est mieux pour tout le monde si je ne suis pas sur la route.
HB : D’accord *rire*
C : *rire* derrière le volant, je veux dire.
HB : On va juste jeter un coup d’œil à la vidéo de « Heroes » de l’album actuel « Conchita ».
*on passe le clip de Heroes*
HB : C’est l’album où il y a « Heroes ». Et dans cette vidéo qui a gagné un Award on peut voir une insinuation envers certaines personnes de la politique mondiale Et il y A EU beaucoup d’hostilité envers vous directement. Pendant l’Eurovision et avant, il y a eu des pages Facebook : « Non à Conchita « dans différentes régions. Combien êtes-vous affectée par de telles choses ?
C : Pas du tout. J’ai une façon très, très…comment dirais-je… une façon très impolie de réagir à de telles choses : je m’en moque complètement.
HB : Ok ?
C : Et ce n’est pas quelque chose que j’ai toujours été capable de faire C’est vraiment quelque chose qui s’est développé, et il y a des années, j’ai décidé avec moi-même que quand j’ai le choix entre être positive ou négative, je choisis toujours de passer mon temps sur du positif.
HB : Et cela exprime aussi ce que vous voulez atteindre politiquement Vous avez fait une intéressante intervention au Parlement Européen Là, vous avez tenu un discours devant des membres du parlement et des journalistes, et nous allons regarder ça maintenant. Je pense que l’anglais parlé par Conchita est facilement compréhensible.
*on passe la vidéo du Parlement Européen*
HB : Cela veut dire : pas seulement du talent pour chanter mais aussi pour parler. Tout Strasbourg était sens dessus dessous ce jour-là. Bien ! Qui vous avait invitée à venir parler ?
C : Euh, mon dieu, par qui j’étais invitée… Par notre représentante autrichienne au parlement. J’étais très contente et ça a été encore un de ces moments où j’ai pensé : « Fais ce qu’ils veulent…Est-ce que…Est-ce arrivé à la bonne personne ? » j’ai toujours, d’une façon ou d’une autre, dit ce que je crois être vrai mais je n’avais jamais imaginé que cela aurait une pertinence aussi sérieuse. Et être invitée là-bas et devoir vraiment m’asseoir devant les journalistes qui normalement n’ont pas grand-chose à voir avec la pop music, qui me posaient des questions difficiles, c’était un défi et c’était très amusant aussi.
HB : *présentation de l’invité du lendemain*
HB : Nous allons bientôt commencer la liaison directe sur Internet Vous pouvez poser vos questions ! Conchita, adorable que vous restiez encore un peu, mais il y a une question que je voudrais vous poser pendant qu’on est encore à l’antenne : avec quelle fréquence Tom est-il Conchita ?
C : En fait, il y a un bon équilibre il y a des jours où il y a beaucoup d’apparitions publiques !
HB : Et c’est là que vous êtes Conchita ?
C : Oui, c’est comme ça. Et le reste du temps, je le passe sans perruque et faux cils.
HB : Ca veut dire que le matin quand vous vous réveillez, vous êtes seulement Tom ?
C : Oui et on ne devrait jamais dormir avec du maquillage.
HB : Qui tombe amoureux d’autres personnes ? Tom ou Conchita ?
C : Et bien, les deux tombent amoureux mais Conchita ne pourrait jamais s’engager dans une relation romantique cependant.
HB : Au contraire de Tom ?
C : *elle sourit en coin et lève un sourcil*
HB : Nous devrions rester ici encore un petit moment. Merci beaucoup, et merci à tous les téléspectateurs qui sont restés avec nous jusqu’ici.

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